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« Obliger à des faux aveux est une façon d’empêcher les personnes arrêtées de devenir des héros » : enquête sur la justice iranienne, bras armé du Guide suprême

Photo de Garance Le Caisne

Garance Le Caisne

Publié le 01 mars 2026 à 05:03 - Mis à jour le 01 mars 2026 à 08:05

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Mohammadreza Tabari durant son procès.

Mohammadreza Tabari durant son procès.

LTD/Koosha Mahshid Falahi/Mizan News

La Tribune Dimanche

N143 ● 28 juin 2026

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Plus de 53.000 Iraniens ont été arrêtés depuis le début des protestations. Procès expéditifs, aveux forcés, condamnations à mort : les juges poursuivent la répression.

Il suffit de quelques mots. Un court interrogatoire dans une salle d’audience pour saisir toute la violence et l’humiliation dont est capable la justice iranienne. En ce début février, au tribunal révolutionnaire de Téhéran, Mohammadreza Tabari est jugé pour avoir blessé un agent de sécurité lors d’une manifestation dans le quartier de Baharestan, le 8 janvier. Sur l’écran qui diffuse des images de surveillance de la scène, un homme apparaît, flou, non reconnaissable.

Est-ce réellement Mohammadreza Tabari ? À la barre, l’homme d’une cinquantaine d’années répond aux questions du juge. « Monsieur Tabari, une arme, à quoi sert-elle ? » demande le magistrat. « À attaquer. À tuer », répond l’accusé, vêtu de l’uniforme bleu rayé des prisonniers. La voix est faible, tremblante. Nerveux, le visage transpire l’effroi, peut-être même une sorte de vertige ou d’incompréhension devant cette mascarade.

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« Un moyen de tuer, bravo, oui, souligne le juge comme le ferait un professeur avec un élève dissipé. Alors pourquoi as-tu apporté cette arme sur le terrain, et as-tu tiré ? » « Je me suis mis avec les autres », se force à avouer le suspect, les mots gonflés de larmes, avant de lâcher : « J’ai compris que le diable ne s’en prend pas qu’aux jeunes. Dans la vie, à la moindre opportunité, il te piège. Je demande pardon. Je me repens. Pardonnez-moi. »

« Terreur psychologique »

L’homme est inculpé de moharebeh, qu’on pourrait traduire par « ennemi de Dieu ». Une accusation qui n’existe qu’en Iran et qui vaut la peine de mort. Des extraits de son procès ont été diffusés par des médias d’État, le 7 février. Ce ne sont pas les seuls. D’autres procès ont été retransmis, ainsi que des dizaines d’aveux forcés. Ces derniers sont une vieille pratique de la République islamique. À chaque mouvement de protestation, les médias diffusent des aveux, obtenus après des tortures ou des pressions sur des proches.

Garance Le Caisne

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