Toujours donné sous la barre des 10 % dans les sondages, l’ancien président ne parvient pas à rattraper Raphaël Glucksmann pour l’instant. Il mise sur la sortie de son livre en septembre pour décoller.Raphaël Glucksmann arrive ! François Hollande arrive ! Sans le vouloir, les deux hommes débarquent à quelques secondes d’écart ce samedi après-midi à l’espace culturel Henri-Salvador de Coulaines (Sarthe). Et voilà comment l’un et l’autre se retrouvent sous les grands pins du jardin à saluer en même temps, mais sans se croiser, les militants socialistes réunis par Stéphane Le Foll, le maire du Mans. Un match de serrage de mains à quelques mètres.
Raphaël Glucksmann finit par venir saluer l’ancien chef de l’État. « Monsieur le président, tu vas bien ? » lui demande l’eurodéputé. Quelques banalités sont échangées, et les deux hommes repartent à bonne distance. De haute lutte, les organisateurs obtiennent d’eux une photo ensemble, avec Bernard Cazeneuve, également de la partie. Clic-clac, et de nouveau ils se séparent.
À moins d’un an de la présidentielle, Raphaël Glucksmann et François Hollande peinent de plus en plus à masquer leur défiance réciproque. L’un comme l’autre savent qu’il n’y a de place que pour un seul candidat social-démocrate en 2027. D’ailleurs, les proches du député européen ne cachent pas qu’il considère l’ancien président « avec respect », certes, « mais aussi avec méfiance ». Le discours de François Hollande samedi après-midi dans une salle suffocante a tendance à leur donner raison. « Notre projet doit être d’unir les Français, réunir ce que nous sommes, avec nos différences », a encore martelé l’ex-chef de l’État sur un ton de futur candidat.
À l’approche de la pause estivale, François Hollande constate pourtant que Raphaël Glucksmann conserve l’avantage. L’eurodéputé, qui se laisse jusqu’à la rentrée pour confirmer sa candidature, ne dévisse pas dans les sondages. Il reste au-dessus de la barre des 10 % et apparaît toujours comme le seul en mesure de tenir tête à Jean-Luc Mélenchon à gauche. Son meeting aux Docks d’Aubervilliers, le 13 juin, a permis de lever des doutes.