Incontournable. Le détroit d’Ormuz est le point de passage pour 20 % du GNL mondial et même 25 % du pétrole. « Ormuz n’est pas seulement un détroit, c’est une véritable infrastructure invisible du commerce mondial, commente Thomas Friang, le directeur exécutif de l’Institut de géopolitique de l’Essec Business School. Elle ne sera pas remplacée facilement. »
« Le problème est d’ampleur car environ 20 millions de barils par jour ont traversé Ormuz en 2025 », abonde Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Bank. Dans l’urgence du conflit au Moyen-Orient, deux oléoducs ont trouvé une importance stratégique, pour ne pas dire vitale. Il y a tout d’abord l’oléoduc Est-Ouest, qui traverse l’Arabie saoudite en reliant Abqaiq à Yanbu.
La région s’appuie aussi sur l’oléoduc d’Abu Dhabi, qui relie les Émirats arabes unis et ses installations pétrolières de Habshan au port de Fujaïrah, dans le golfe d’Oman. « La capacité de contournement disponible grâce aux routes saoudiennes et émiraties n’est estimée qu’à environ 3,5 à 5,5 millions de barils, poursuit Ole Hansen. Cela signifie que les flux commerciaux peuvent s’ajuster, mais ces solutions ne peuvent pas complètement remplacer le détroit. »