Ils l’avaient dit et répété, par la voix de leur leader Abdul-Malik Al-Houthi : si l’Iran venait à être attaqué, ils entreraient dans la danse. La réponse du groupe rebelle yéménite chiite promettait d’être immédiate et dévastatrice. Le 28 février, premier jour du conflit, il se contentait d’une déclaration : « Notre position est celle de la pleine solidarité. » Le 5 mars, il montait le ton : « Notre doigt est sur la détente, prêt à répondre à tout moment si la situation l’exige. »
Depuis, les alliés de Téhéran se sont contentés d’une manifestation de soutien à leurs parrains iraniens et au Hezbollah libanais dans la capitale du pays, Sanaa. Ce qui n’a pas empêché cette semaine le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, de les saluer lors de ses remerciements à « l’axe de la résistance » lus à la télévision iranienne. Une manière de mettre la pression sur un proxy qui tarde à se manifester ? Le signal du déclenchement d’une nouvelle phase dans la riposte ?
La force de frappe du mouvement est importante. Elle lui a permis de considérablement perturber le trafic maritime commercial en mer Rouge, notamment dans le détroit de Bab-el-Mandeb et le golfe d’Aden, de novembre 2023 à juillet 2025. Ils y ont lancé une multitude d’attaques de drones et de missiles balistiques de fabrication iranienne, en solidarité avec les Palestiniens à la suite de la riposte israélienne sur Gaza enclenchée après le 7-Octobre. Pour permettre aux bateaux de passer, l’UE avait monté une mission d’accompagnement par des frégates, Aspides.