Au téléphone, la voix de sœur Rita Eid demeure étonnamment sereine. « On a passé les deux derniers jours à prier, c’est pourquoi nous sommes calmes, explique la religieuse. Nous comptons sur Dieu, il n’y a que lui qui peut accomplir un miracle. » En cette période pascale, de nombreux habitants de Rmeish, village chrétien du Sud libanais, font comme la mère supérieure du couvent Notre-Dame-du-Liban. S’accrocher à la foi en espérant qu’elle les sauve.
Située à 2 kilomètres de la frontière israélienne, la petite localité de 6.000 habitants vit désormais encerclée par les troupes de Tsahal. Face à leur progression, l’armée libanaise a quitté la zone le 31 mars. Ce jour-là, Najib Amil, le curé de la paroisse, avait lancé, face aux caméras présentes, un appel à l’aide : « Nous vous en supplions, ne nous abandonnez pas. Nous sommes libanais, nous resterons libanais et nous mourrons libanais. » Puis, sous les applaudissements, il avait enchaîné : « Soit nous mourons tous et notre village disparaît, soit nous vivons et il survit. » Pour lui comme pour le reste des habitants, ce territoire est une terre sainte qui, dit la légende, aurait été foulée par le Christ, ses apôtres et la Vierge Marie.