Cyclisme : dans la roue du capitaine de route Benjamin Thomas
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Thomas Benjamin avant le début de la 117e édition du Milan Sanremo.
LTD/ Nico Vereecken
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Thomas Benjamin avant le début de la 117e édition du Milan Sanremo.
LTD/ Nico Vereecken
Peu de coureurs mesurent aussi bien que lui ce qui sépare la gloire de l’ombre. Champion olympique et quintuple champion du monde sur piste, Benjamin Thomas se mue en simple équipier sur la route. Sur le Tour de France, l’habitué des Marseillaise et des médailles d’or s’apprête à passer des heures le nez dans le vent, à remonter des bidons ou à replacer ses leaders, Alex Aranburu et Ion Izagirre. À bientôt 31 ans, il maîtrise si bien son rôle qu’il a été désigné capitaine de route de Cofidis, chargé de coordonner l’action des équipiers pendant ces trois semaines.
Sa partition exige mémoire et expérience. Il lui faut connaître les routes, leur relief, leurs virages serrés, les endroits où le vent peut s’engouffrer. Il doit aussi savoir anticiper les mouvements des adversaires, ainsi que les forces et les faiblesses de chaque coureur de l’équipe. « Si je ne maîtrise pas ces éléments, je ne peux pas faire appliquer correctement la stratégie mise en place le matin par le directeur sportif, qui ne voit pas tout depuis sa voiture et ne peut pas s’adapter aussi vite que moi », décrypte le natif du Tarn.
Si l’un de ses leaders ou son sprinteur, Milan Fretin, est mal placé avant un moment clé, il veille à lui faire remonter le peloton, en lui offrant sa roue ou en sollicitant un équipier taillé pour l’exercice. « Il y a des coureurs qui adorent se sacrifier, d’autres qu’il faut parfois pousser un peu selon les moments, je dois jauger », éclaire-t-il. Il y a des subtilités : « J’évite de demander à un équipier en fin de contrat de mettre trop de forces au service de l’équipe si je sais qu’il a besoin de se montrer pour être conservé.