Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz : « La croissance française n’atteindra pas 0,9 % en 2026 »
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Ludovic Subran est le chef économiste du groupe Allianz.
LTD / Allianz
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Le gouvernement espérait une faible progression de l’activité au premier trimestre, à 0,2 %. En vain, puisque la croissance est nulle. Est-ce inquiétant ?
LUDOVIC SUBRAN — Davantage que la croissance à l’arrêt, le chiffre qui m’a surpris, outre celui de la construction, en forte baisse, c’est celui de la consommation. Car il est vraiment mauvais. À -0,1 %, l’évolution de la composante consommation du PIB est très inquiétante, car elle ne reflète que les conditions pré-conflit, soit avant l’impact réel, qui ne se traduira qu’au deuxième trimestre. Il ne s’agit donc que d’une photo prise juste avant le début de la crise. Par rapport aux autres pays européens, la France se situe à un niveau très bas en matière de consommation, alors que le choc d’incertitude engendré par le conflit a frappé l’ensemble des États membres de l’UE, dont certains sont déjà plus impactés énergétiquement que la France. Ce coup de frein m’inquiète davantage que le reste. C’est une bombe à retardement.
Comment l’expliquer ?
Par un fait structurel majeur : la France a un taux d’épargne de 18 %. Non seulement ce chiffre est colossal pour une épargne de précaution, mais cette épargne est en outre très concentrée chez les plus riches et les retraités. Or un choc tel que celui que nous vivons depuis deux mois devrait pouvoir être absorbé par l’épargne. Mais puisqu’elle est essentiellement concentrée au sein de catégories de population qui consomment peu – les retraités se déplacent par exemple moins que la moyenne des actifs et ne dépensent pas beaucoup –, elle ne peut pas soutenir l’activité. D’autant moins qu’il y a déjà un effet d’incertitude lié à l’élection présidentielle et à la peur d’une consolidation budgétaire à venir, sans oublier les craintes suscitées par les conséquences de la guerre en Iran. Chaque trimestre de fermeture du détroit d’Ormuz coûte 0,1 à 0,2 point de PIB. C’est très significatif.
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