« Ce disque est l’un des plus engagés que j’aie pu concevoir » : Souad Massi hausse le ton
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Souad Massi
LTD/YANN ORHAN
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On s’attend à une soirée intense. Un concert, promet-elle, « sans détour ni artifice » pour lequel elle se tient prête « non pas au sens d’une préparation mécanique ou stratégique mais plutôt au sens d’une disponibilité intérieure absolue à ce que suppose la rencontre avec le public ». À la veille de son grand retour le 18 juin au Théâtre du Châtelet, point d’orgue d’une tournée européenne qui rebondira à l’automne à Marseille, Lille, Bruxelles et Berlin, Souad Massi s’affiche sereine. Ce théâtre parisien lui impose pourtant, dit-elle, « une gravité particulière car il est chargé d’histoire et de résonances artistiques majeures ».
Il n’empêche, sur scène, au fil de chansons qui constituent Zagate, son dernier album, intitulé d’après une expression algéroise pour dire que « tout va mal » car « ça se gâte », la chanteuse franco-algérienne n’hésite plus à s’afficher en Amazone berbère combative et fiévreuse, rockeuse souveraine, décomplexée, prête à en découdre au défi des pires augures.
« À mes yeux, poursuit-elle, ce disque est l’un des plus engagés que j’aie pu concevoir depuis mes débuts car il nomme ce que nous vivons collectivement en ce moment : les guerres se normalisent, la violence s’installe dans les imaginaires, le racisme se banalise, de même l’exploitation des peuples et des ressources et cette forme de désorientation morale du monde contemporain que l’on ressent tous. »
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