Le chaos a été immédiat. Et risque de durer. Selon les professionnels du tourisme comme pour les spécialistes de l’aérien, les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur leur secteur ne sont comparables – hors paralysie due à la crise sanitaire – qu’à l’effondrement post-11-Septembre. Et pour cause. La mise à l’arrêt dès le 28 février des pétromonarchies du Golfe, devenues en moins de vingt ans des plateformes de transit majeures pour les voyageurs ainsi que des destinations touristiques à part entière, surtout pour deux d’entre elles (Dubaï et Oman), a provoqué un séisme. Dont les répliques risquent de persister bien au-delà de la première semaine de la guerre en Iran.
Au carrefour des liaisons aériennes mondiales, les trois plus grandes plateformes aériennes des Émirats – Dubaï, leader planétaire, Abou Dhabi et Doha – accueillent les deux tiers de leurs 300.000 passagers par jour pour de simples correspondances. Les fermetures des aéroports, les annulations de vols commerciaux (près de 30.000 en huit jours) et les restrictions partielles ou totales des espaces aériens dans la région ont logiquement entraîné perturbations et blocages dans une kyrielle de destinations, des Maldives à la Thaïlande, en passant par le Sri Lanka.
Plus d’un million de personnes, vacanciers et actifs en déplacements professionnels, en ont subi les conséquences. Et plusieurs dizaines de milliers restaient encore en attente de rapatriement sept jours après le déclenchement de l’offensive en Iran, y compris plusieurs milliers de passagers de navires de croisière amarrés dans la zone.