Ce lundi 4 mai, le gouvernement rencontrera à nouveau les distributeurs de carburants à Bercy. La réunion devrait se tenir dans un contexte de forte inquiétude. Le prix du baril de pétrole Brent fluctue à un niveau élevé, à plus de 114 dollars, et a même franchi la barre des 126 dollars durant la semaine. À la pompe, l’essence SP95-E10, réputée moins chère, s’affiche en hausse, à plus de 2 euros par litre, tandis que le gazole dépasse les 2,20 euros.
Pour faire face, les automobilistes adaptent leur consommation : entre le 11 et le 20 avril, celle-ci a baissé de 18,5 % pour les gazoles routiers et de 14,5 % pour les supercarburants (SP95, SP98 et superéthanol), selon des données produites par le Comité professionnel du pétrole (CPDP) consultées par Les Échos.
Sous pression à Matignon, Sébastien Lecornu a annoncé, dès le 21 avril, la poursuite en mai de la politique mise en place depuis le début de la crise. Aucun « arrosage » d’argent public, mais le versement d’aides ciblées aux secteurs les plus affectés par les prix de l’énergie : agriculture, pêche, transport routier, bâtiment et travaux publics. Les VTC et taxis pourraient eux aussi bénéficier d’un coup de pouce. Ils rencontreront le ministre des Transports, Philippe Tabarot, cette semaine. Une aide, sous conditions de ressources, doit également être mise en place pour 3 millions de travailleurs « grands rouleurs ».
En Conseil des ministres, Emmanuel Macron a néanmoins demandé au gouvernement de réfléchir à « de nouvelles réponses » face à la hausse du coût de l’énergie. « Sur les aides, on fait du sur-mesure avec tous les écosystèmes concernés, avec des dispositifs vivants, confie Sébastien Lecornu en privé. Il est évident que l’on adaptera ces dispositifs en fonction de la durée de la guerre. Y compris en cas de reprise des combats. »