TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), une hausse de 51% sur un an.
TotalEnergies annonce maintenir son plafonnement du prix des carburants pour le mois de mai. Les bénéfices exceptionnels réalisés par le géant pétrogazier grâce à la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat sur l'opportunité d'une taxe spécifique.
TotalEnergies entend redistribuer à sa manière ses superprofits. Le géant pétrogazier a annoncé ce jeudi qu'il « maintiendra » son plafonnement du prix des carburants dans l'ensemble de ses stations-service en France, « tant que la crise au Moyen-Orient durera ».
« Dans un contexte où le prix du pétrole s'apprécie jour après jour, le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L; diesel à 2,25 euros/L) sont maintenus pour le mois de mai », a précisé le groupe dans un communiqué.
Les bénéfices exceptionnels réalisés par Total grâce à la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat sur l'opportunité d'une taxe spécifique, objet d'une proposition de loi socialiste, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier « redistribuer » cet argent comme il l'entend.
TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), une hausse de 51% sur un an. La compagnie pétrolière a gratifié ses actionnaires d'un dividende en hausse de 5,9% par rapport aux autres trimestres.
Une proposition de loi socialiste pour taxer les superprofits
L'ensemble de la gauche s'est indigné à l'annonce de ces résultats exceptionnels alors que déjà en 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, TotalEnergies avait déjà enregistré des profits records. Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi pour taxer ce type de surprofits (ou superprofits), visant les entreprises réalisant « plus de 750 millions de chiffre d'affaires », a expliqué son patron Olivier Faure jeudi sur RTL.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
En calculant ces superprofits « comme un excédent de 20% sur la moyenne des résultats des trois dernières années » et en les assujettissant à une taxe « entre 20 et 40% », a détaillé le chef des députés PS Boris Vallaud, l'Etat devrait collecter « à peu près 2 milliards » d'euros.
Même si TotalEnergies assure réaliser la majorité de ces bénéfices hors de France, la taxe doit porter sur les résultats mondiaux, a-t-il précisé sur franceinfo.
Une confiance prudente du gouvernement
Mais dans l'immédiat, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a pas envisagé de taxation spécifique sur les entreprises pétrolières. Il s'est borné à affirmer qu'il n'avait pas d'« objection de principe » à une taxation européenne.
« On ne s'interdit rien », a encore répété la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon jeudi sur TF1. Si « personne ne doit faire de profits indus sur le dos de la crise », avoir un pétrolier national, comme TotalEnergies, c'est aussi « un outil de souveraineté », a-t-elle aussi insisté.
Le gouvernement affiche donc une confiance prudente dans l'entreprise. « Il faut bien que TotalEnergies se positionne d'une manière ou d'une autre sur une manière de redistribuer » ces résultats exceptionnels, a tranché Sébastien Lecornu mercredi devant le Sénat.
Le groupe de Patrick Pouyanné a répondu qu'il y contribuait déjà, via le plafonnement des prix dans ses stations-services. « C'est comme cela que nous redistribuons nos profits », a-t-il indiqué dans une déclaration à l'AFP.