C’est un décompte infernal. Alors que Transavia compte annuler quelque 200 vols en mai et en juin, KLM va supprimer 80 vols aller-retour depuis et vers Schiphol, sa plateforme aéroportuaire proche d’Amsterdam. D’autres opérateurs n’ont pas caché leur intention de baisser la voilure, tels que SAS, Volotea, Air Canada, United, Lufthansa, avec 20.000 vols supprimés. De leur côté, Air France et Easyjet assurent maintenir tous les leurs.
Des annonces suffisamment inquiétantes, alors que la saison estivale approche, pour que le gouvernement réunisse les dirigeants des compagnies aériennes mercredi 6 mai. « Il est vrai que les annonces d’annulations de vols se multiplient, mais cela reste malgré tout marginal par rapport aux programmes des compagnies, relativise Pascal de Izaguirre, président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam). Il n’y a globalement pas d’inquiétude à avoir pour les vacances cet été, même si l’on reste évidemment très dépendants de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. »
Pour l’heure, si les compagnies sabrent dans leurs programmes, ce n’est pas par manque de carburant mais pour sauver leur trésorerie. Alors que le kérosène représente en temps normal entre 25 et 30 % de leur coût d’exploitation, la flambée de son prix a fait grimper ce chiffre à 45 %. Le prix du jet fuel a plus que doublé depuis le début de la guerre en Iran, bien davantage que celui du pétrole brut. Dans un secteur où les marges plafonnent en moyenne à 4 %, impossible de se permettre d’effectuer des vols à perte. Une équation économique qui explique, au passage, l’envolée du prix des billets d’avion.