Flambée du kérosène : premières annulations de vols chez Transavia
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Selon un porte-parole de Transavia, ces suppressions représentent "moins de 2 % du programme de vols sur la période mai-juin".
CP/SAA/ - REUTERS - Charles Platiau
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Selon un porte-parole de Transavia, ces suppressions représentent "moins de 2 % du programme de vols sur la période mai-juin".
CP/SAA/ - REUTERS - Charles Platiau
La hausse brutale des prix du carburant aérien, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, commence à produire ses effets concrets dans le ciel européen. La compagnie low-cost Transavia, filiale du groupe Air France-KLM, a annoncé ajuster son programme de vols pour les mois de mai et juin, avec à la clé des annulations ciblées.
« En raison du contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient et de ses répercussions sur le prix du carburant d’aviation, Transavia France adapte son programme de vols et est contrainte de procéder à l’annulation de plusieurs vols prévus aux mois de mai et juin 2026 », a indiqué la compagnie dans un communiqué, confirmant une information de RMC. Selon un porte-parole, ces suppressions représentent « moins de 2 % du programme de vols sur la période mai-juin ».
Cette décision intervient alors que le marché mondial de l’énergie est sous tension depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran fin février. Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage clé pour près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, perturbe fortement les flux d’approvisionnement. L’Europe, qui importe habituellement environ la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe, se retrouve particulièrement exposée.
À Bruxelles, le commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen a alerté sur une dégradation rapide de la situation. L’Union européenne « s’approchait très rapidement » d’une potentielle crise d’approvisionnement, avec le risque d’un été marqué par « des billets d’avion plus chers et des annulations ».
Dans ce contexte, Transavia insiste sur le caractère mesuré de ses ajustements. Les passagers concernés seront pris en charge au cas par cas : « les clients concernés par une annulation sont informés individuellement par SMS et e-mail ». Ils pourront alors « bénéficier, selon leur choix d’un report sans frais, d’un avoir ou d’un remboursement intégral de leur billet ». Et « pour la majorité des vols annulés, une solution de report dans les 24 heures est proposée », précise la compagnie.
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Au-delà des annulations, la hausse des coûts se répercute déjà sur les prix. Comme d’autres acteurs du secteur, Transavia a appliqué une augmentation tarifaire d’environ 10 euros en moyenne par aller-retour, afin d’absorber une partie du choc.
L’ensemble du secteur aérien s’organise face à une crise qui pourrait s’intensifier. L’Association du transport aérien international a ainsi appelé, le 17 avril, les autorités de régulation à anticiper un éventuel « rationnement » du kérosène, en misant sur la coordination et la transparence, notamment en Europe.
Pour l’heure, les autorités françaises se veulent rassurantes. Le gouvernement indique ne pas constater de « difficulté » immédiate d’approvisionnement pour les compagnies aériennes. Mais il n’exclut pas de recourir aux stocks stratégiques en cas de tensions sur les volumes, signe que la situation reste sous étroite surveillance.
Dans l’immédiat, les ajustements de Transavia apparaissent comme un premier signal d’alerte : si la crise énergétique devait durer, c’est l’ensemble du transport aérien européen qui pourrait être contraint de revoir ses ambitions à la baisse pour la saison estivale.
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