C’est sans doute sur le crédit que les effets pourraient se faire sentir le plus rapidement. Les banques sont particulièrement attentives à deux éléments. D’abord, le marché obligataire - les intérêts des dettes d’Etats - qui est, jusque-là, le plus réactif. Les taux de la France fluctuent déjà au rythme des bombardements et des déclarations. « Si le taux de la dette française à 10 ans devait durablement s’installer au-dessus des 3,80 % voire dès les 3,60 %, des banques pourraient répercuter ces hausses sur les crédits immobiliers, estime Sandrine Allonier, la porte-parole de Vousfinancer. En particulier celles qui sont aujourd’hui les plus compétitives et qui auront forcément un problème de rentabilité plus tôt que les autres. »
L’autre menace à moyen terme c’est celle d’un éventuel retour de l’inflation qui contraindrait la Banque Centrale Européenne à relever ses taux directeurs. Cela conduirait à un net renchérissement du coût de nos crédits immobiliers. « Pour l’instant il ne faut pas aller trop vite et envisager un scénario digne de celui du déclenchement de la guerre en Ukraine », pondère Sandrine Allonier, qui rappelle tout de même qu’à l’époque, personne n’avait envisagé un tel choc sur le crédit avec un taux moyen passé d’environ 1 % à plus de 4 % en l’espace de deux ans.