Le moment n’aurait pas pu être plus propice. Quelques jours seulement après le déchaînement anti-Europe orchestré pendant plusieurs jours d’affilée au Forum économique mondial de Davos par la délégation américaine, Donald Trump en tête, le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG) lance la deuxième édition de son enquête sur la « compétitivité européenne ». Ce baromètre, dévoilé en avant-première à La Tribune Dimanche, sera publié le 26 janvier.
Outre les dirigeants d’entreprise de tailles variées – des ETI aux multinationales – et de tous secteurs (850 patrons au total, dont 142 en France), déjà sondés dans la version de 2025, les experts du BCG ont cette fois-ci également interrogé 6.400 citoyens de douze pays de l’UE, dont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Irlande… mais aussi le Royaume-Uni.
En plein « Europe bashing », dénoncé entre autres à Davos par la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, chefs d’entreprise et citoyens sont unanimes pour exiger une meilleure défense des intérêts du bloc : 96 % des dirigeants, rejoints par 85 % des citoyens, estiment en effet que la protection des intérêts économiques européens « n’est plus une option mais une nécessité » face à la menace de « graves conséquences » en cas d’inaction.
Tous voient dans l’Europe le seul levier crédible pour défendre la souveraineté du continent. Mais à condition qu’elle change radicalement de méthode et de rythme. Aux antipodes d’un rejet du projet européen, plus de 6 dirigeants et citoyens sur 10 plaident pour « davantage d’Europe », y compris en France (56 % des dirigeants et 53 % des citoyens). Tout en portant néanmoins un jugement sévère sur son fonctionnement : 85 % des dirigeants estiment que l’UE est dans une « impasse institutionnelle ».