LA TRIBUNE DIMANCHE – La semaine dernière, Donald Trump a tenté de bloquer les deux nouvelles intelligences artificielles du géant Anthropic à tout ressortissant étranger. Le président américain a-t-il lancé la guerre de l’IA ?
ASMA MHALLA – Imaginez la panique à Washington quand sont sortis ces monstres d’intelligence : Fable 5, Mythos 5. Leurs noms sonnent comme des codes secrets. Et c’est exactement ce qu’ils sont. Des machines de guerre capables de raisonner, d’anticiper, d’agir à une vitesse que l’esprit humain ne peut pas suivre. C’était du jamais-vu. Donald Trump a d’abord tenté de restreindre l’accès aux seuls ressortissants étrangers. Mais impossible – Anthropic n’avait aucun moyen de trier. Alors le couperet est tombé pour tout le monde. Sans préavis.
Rendez-vous compte… Mythos peut cartographier en quelques secondes l’intégralité des vulnérabilités cyber d’un système. N’importe lequel : une agence fédérale, un réseau électrique, un commandement militaire. Un hackeur russe tenant cette arme la nuit où les États-Unis bombardaient l’Iran… L’effondrement est systémique. Un ingénieur de Pékin sondant silencieusement les failles du Pentagone… La catastrophe est totale.
Ces technologies sont duales par nature. À la fois le bouclier et le glaive. Le remède et le poison. La frontière entre les deux n’existe pas. Cette séquence dit tout. Elle ne m’a pas surprise. Dans Technopolitique, je pose la question de ce Léviathan à deux têtes, Big State contre Big Tech, qui finira par dominer l’autre ? On a la réponse. L’État reprend la main, brutalement, souverainement. L’architecture du XXIe siècle s’écrit sous nos yeux.