Rossy de Palma, le souffle espagnol du festival Le Nouveau Printemps

Rossy de Palma, à Toulouse (Haute-Garonne).
LTD/Eugénie Lefebvre - Vincent Beaume

Rossy de Palma, à Toulouse (Haute-Garonne).
LTD/Eugénie Lefebvre - Vincent Beaume
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Elle fait souffler sur les rives de la Garonne un vent chaud de Movida. Jamais sans son éventail, en robe zébrée bleue le matin, à fleurs rouges l’après-midi, Rossy de Palma électrise les alentours de la gare de Toulouse-Matabiau (Haute-Garonne). L’actrice espagnole a été choisie comme artiste associée de la 4e Nouveau Printemps, festival de création contemporaine qui se termine le week-end prochain.
À l’image de sa personnalité et de sa beauté insoumise, elle s’est vu attribuer un terrain de jeu à l’écart de la carte postale du Capitole : Marengo, Bonnefoy et Jolimont, des quartiers populaires en transformation.
« J’aime cette gare où sont arrivés tant d’exilés lors de la Retirada, confie la sexagénaire. Je pense à tous ces réfugiés d’hier et d’aujourd’hui. C’est le loto, l’endroit où tu nais ! Face à trop de souffrance, l’art représente pour moi un refuge sans frontières, transgénérationnel et transgenre. Alors que détruire est si facile, tu as besoin d’amour pour créer. »
Nous prenons avec elle un taxi venu la chercher près d’une friche industrielle, à l’atelier collectif IPN. « J’ai aidé à faire travailler ensemble des artistes qui ne se connaissaient pas jusqu’alors, un casting de rêve pour un résultat magnifique », se réjouit-elle, en chemin vers la boutique agnès b., dans le centre piétonnier. « Mon amie Agnès a accepté d’y exposer des œuvres de sa collection », glisse-t-elle tout en répondant au téléphone à son fils qui la rejoint.
Musicien lui aussi. Avant le cinéma, Rossy de Palma chantait dans Peor Imposible. C’est dans cette Espagne euphorique de l’après-Franco qu’elle croise Pedro Almodóvar, alors jeune réalisateur. « Il venait à nos concerts, raconte-t-elle. On se connaissait. » Elle a découvert Toulouse cet automne, invitée au festival de cinéma espagnol et portugais Cinespaña pour y recevoir la Violette d’honneur. La voilà désormais comme chez elle dans la Ville rose – « comme mon prénom », glisse, facétieuse, Rosa García Echave, selon son état civil.
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À peine descendue de voiture, elle esquisse un pas de flamenco au son de la radio d’une camionnette. Cette danse qu’elle a fait mettre en images sur la façade de la gare : deux immenses clichés verticaux de femmes vêtues des robes à volants typiques de ce folklore chargé d’histoire et de résistance.
Elles sont l’œuvre de Pilar Albarracín, amie de Rossy de Palma qui l’a également invitée aux Abattoirs. « Rossy a posé un regard très affirmé sur notre fond hispanique et sud-américain, reflet de la pluridisciplinarité de sa personnalité si théâtrale, relève Tatiana Rybaltchenko, commissaire de l’exposition. Cet accrochage sensible mêle le drame, la sensualité, l’ironie, la radicalité, l’engagement, l’extravagance et la joie. »
Le résultat de leurs échanges de vocaux sur WhatsApp depuis janvier ? Des photos acidulées d’Ouka Leele y côtoient des tableaux d’Antoni Tàpies ou de Joan Miró, lié à Majorque, l’île natale de l’artiste. Cette fiesta visuelle et intime se poursuit au sous-sol de la médiathèque José-Cabanis où Lusmore Daud nous plonge dans des boîtes noires réveillées par des motifs fluo.
C’est le nom d’artiste du petit frère de Rossy de Palma, installé au Sénégal. L’émotion était palpable lors du vernissage devant la note biographique rendant hommage à leurs parents, notamment leur mère Carmen, décédée l’an dernier.
De là, on prend de la hauteur dans les jardins méconnus de l’observatoire de Jolimont. Le photographe Manuel Outumuro y a disséminé ses portraits en noir et blanc d’actrices dont Rossy seulement vêtue d’un collier et Penélope Cruz. « Quel meilleur endroit qu’un observatoire pour observer les étoiles ? » lance-t-il en clin d’œil. Cette nouvelle cartographie de Toulouse se découvre « avec plaisir », la formule locale pour dire « de rien » après un « merci » : Rossy de Palma en a fait son slogan avec panache.
Jusqu’au 28 juin, lenouveauprintemps.com
Boutique agnès b.
Rossy de Palma a pioché des œuvres dans la collection personnelle de la styliste : des photos de Malick Sidibé accrochées au-dessus des portants, célébrant la jeunesse malienne des années 1970 entre liberté, danse et moments de fête.
ℹ️ 6, place de la Trinité. Tél. : 0562 26 77 87. agnesb.com
Le Poinçonneur
Au cœur du quartier de Bonnefoy, ce sympathique bar de quartier est le QG de l’équipe du festival, restaurant le midi (plat 11 euros) et planches le soir (à partir de 10 euros). Lundi au vendredi.
ℹ️ 19 bis, rue du Faubourg-Bonnefoy. Tél. : 05 61 48 54 81. lepoinconneur.com
Les Tilleuls
En bordure du canal du Midi, belle terrasse ombragée sous des tilleuls pour prendre un verre (5 euros) et partager des tapas (6 à 15 euros).
ℹ️ 34, avenue du Cimetière. Tél. : 05 61 52 44 30. instagram.com/lestilleuls_toulouse/
Yaz Cantine
Yaz veut dire « été » en turc. Les équipes du festival déjeunent dans ce lieu, près de la gare, d’une cuisine méditerranéenne : houmous, tzatziki, fallafels. Assiette 15 euros. Du lundi au vendredi, midi.
ℹ️ 12, rue de Belfort. Tél. 07 81 43 04 68. yazcantine.com
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