Jean-Pierre Raffarin : « Bernadette Chirac était une grande dame »

Jean-Pierre Raffarin a bénéficié d'un fort soutien de la part du couple Chirac.
LTD/JEAN-LOUP GAUTREAU/AFP

Jean-Pierre Raffarin a bénéficié d'un fort soutien de la part du couple Chirac.
LTD/JEAN-LOUP GAUTREAU/AFP
Pas de pénurie de kérosène cet été, mais le spectre de files d’attente interminables dans les aéroports
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Stéphane Sitbon-Gomez (France Télévisions) : « Flavie Flament va co-animer le Magazine de la santé la saison prochaine sur France 2 »
Bitcoin : pourquoi la cryptomonnaie a perdu la moitié de sa valeur depuis l'automne
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
Dans les pas de Jacques Chirac, elle menait son chemin de manière loyale et singulière. « La Tortue » avançait à son rythme. Elle prenait le temps d’observer, de saluer et d’écouter. Dans chacun de ses gestes, on notait les marques de l’éducation. Dans les réceptions internationales comme dans les rencontres locales, Bernadette Chirac incarnait une certaine classe ; certains interprétaient cela comme de la froideur, mais c’était en fait l’élégance de l’éthique qu’elle souhaitait pour ses missions.
Je me souviens de voyages en avion pour de longs trajets où certains invités du président cherchaient à le distraire en racontant des histoires parfois grivoises, Madame Chirac, en retrait, ponctuait chaque histoire par un tonitruant « c’est élégant » !
À l’Élysée, c’était la maîtresse de maison. Sa vigilance était à 360 degrés, sans angle mort, parfois la focalisation visait les agissements de certains collaborateurs dont elle doutait de la loyauté. La maison était tenue.
Bernadette Chirac était aussi douée de grandes qualités politiques. Élue de Corrèze, elle connaissait toutes les règles de l’action locale. Je me souviens de lui avoir fait visiter le CHU de Poitiers. Au cours de la visite, une dame s’est avancée vers moi pour me présenter son fils à la recherche d’un emploi. J’ai rapidement écouté la dame puis je l’ai saluée. Madame Chirac a alors bondi : « Monsieur le ministre, vous n’avez pas pris l’adresse de cette dame ; mon mari répond à ce genre d’intervention dans les 24 heures ». Dont acte.
Son expérience du terrain mais aussi sa grande curiosité générale donnaient souvent à ses jugements une grande pertinence. Ainsi, elle fut la seule dans l’entourage du président à anticiper la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. Pour les questions sociales, territoriales ou culturelles, de nombreux ministres prenaient discrètement son conseil.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Évidemment, le président menait les affaires de la France comme il le voulait, mais son épouse, non sans courage, défendait ses convictions. Lors de l’élection présidentielle de 2002, Bernadette Chirac a joué un rôle politique certain, grâce à sa réelle popularité dans une grande partie de l’opinion publique. Un livre a même rassemblé ses messages. Le président l’appelait au téléphone plusieurs fois par jour.
Madame Chirac savait se tenir en retrait et, par exemple, agir discrètement auprès des épouses de ministres voire de Premiers ministres pour partager sa grande expérience de la vie publique. Sa bienveillance était généreuse et toujours tournée vers l’intérêt général. Évidemment, ceux qui jouaient les pirates pouvaient s’attendre à quelques raideurs, en général sans appel ! En fait, il n’était guère possible de se tromper sur ses opinions.
Cet aspect très direct de sa personnalité explique sans doute la nature même de son impact populaire au-delà des Pièces jaunes et de toutes les œuvres auxquelles elle a pu participer. Dans le parcours exceptionnel du président Chirac, son épouse a tenu sa place. Elle aimait aussi la France.
Maziar Mike Doustdar PDG de Novo Nordisk : « Les médicaments ne représentent que 10 % des dépenses de santé »
Olivier Andriès, directeur général de Safran : « Un pays ne peut pas être souverain sans maîtriser la conception des avions de combat »
Nos informations confidentielles. Un déjeuner pour le bloc central, Gabriel Attal conserve Renaissance...
La ligne de crête de Jean-Philippe Tanguy, le catalyseur du RN