Bernadette Chirac était retournée à l’Élysée le 28 janvier. Dans la plus grande discrétion, Emmanuel Macron avait décoré l’ex-première dame des insignes d’officier de la Légion d’honneur. La cérémonie a eu lieu en tout petit comité dans le Salon doré, le bureau officiel du président, au Palais. C’est la dernière fois que l’épouse de Jacques Chirac s’est rendue au 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Entre 1995 et 2007, le lieu avait été son royaume. Vendredi soir, elle est décédée à l’âge de 93 ans.
Durant douze années, Bernadette Chirac a été une première dame puissante, comme nulle autre avant et après elle. Entrée discrètement, elle est devenue au fil du temps une véritable actrice du jeu politique. C’est à partir de la dissolution, en 1997, que son rôle a changé. L’épouse de Jacques Chirac était opposée à ce coup de poker imposé par Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Élysée, qu’elle déteste. Le résultat lui donne raison. Alors que son mari est très affaibli, elle s’émancipe. La reconquête passera par elle.
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En février 2000, elle se rend au Havre, alors dirigé par le gaulliste Antoine Rufenacht. Promenade dans le centre-ville, rencontre avec les élus locaux, réunion avec les militants… Le test est un succès. La première dame vient de lancer en catimini le début d’un long tour de France qui va la conduire à soutenir aux quatre coins du pays les candidats RPR aux municipales de l’année suivante. « Vous devez vous battre jour et nuit », conseille l’épouse de Jacques Chirac à ceux qui la réclament à cor et cri tant elle sait mobiliser les électeurs de droite.