LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous êtes venu à Paris pour le sommet Choose France. Quelle place occupe ce marché pour Novo Nordisk ?
MAZIAR MIKE DOUSTDAR — Nous avons choisi la France il y a déjà plus de soixante ans. Nous avons compris il y a longtemps l’intérêt d’y investir et d’y créer des emplois. C’est un très grand marché européen. Par sa population comme par son influence. Ce qui se passe ici se répercute souvent sur le reste de l’Europe. Pour une entreprise comme la nôtre, issue d’un petit pays comme le Danemark, venir en France est un choix évident. Notre premier grand investissement hors du Danemark s’est fait à Chartres [Eure-et-Loir]. Environ un quart des patients de Novo Nordisk dans le monde, soit 10 millions de personnes, utilisent un médicament dont la boîte indique « Fabriqué en France ». Nous en sommes fiers.
Le ministère de la Santé vient d’annoncer le remboursement de deux traitements contre l’obésité, dont le Wegovy que vous produisez. Vous y attendiez-vous ?
Le fait que la France soit le premier État européen à rembourser les médicaments contre l’obésité est un signal fort. Beaucoup de pays considèrent encore, à tort, que l’obésité serait un problème de mode de vie, et non une maladie. À l’inverse, pour nous – comme pour les autorités françaises –, le traitement de l’obésité relève de la prévention : on ne meurt pas directement de l’excès de poids, on meurt de cancers, de maladies cardio-vasculaires ou hépatiques causées par l’obésité. Rembourser ces médicaments, c’est donc investir dans la prévention d’autres pathologies graves. J’espère que d’autres pays suivront la voie de la France.