OPINION. « G7 d’Évian : Liberté, Égalité, Compétitivité », par Agnès Pannier-Runacher et Nannette Lafond Dufour

Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et Nannette Lafond Dufour, présidente du Women's Forum for the Economy and Society.
LTD /DR

Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et Nannette Lafond Dufour, présidente du Women's Forum for the Economy and Society.
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Depuis plusieurs années, la France, fidèle à ses valeurs, porte une conviction profonde : la performance économique et le progrès humain ne se croisent pas par hasard et se nourrissent l’un l’autre. Aujourd'hui, face aux bouleversements technologiques, cette vision va bien au-delà d’une ambition politique : c’est un impératif de performance. Nous sommes entrés dans l’ère des ruptures simultanées. L’intelligence artificielle questionne la valeur travail, la décarbonation réinvente les chaînes de production, la course aux talents est devenue un enjeu mondial majeur.
Considérer la place des femmes dans l’économie sous le seul angle de l’équité ou de la responsabilité sociale serait une erreur stratégique majeure, car c’est bien de compétitivité qu’il est question. En 2019, au G7 de Biarritz, le Women’s Forum appelait déjà à un accès effectif des femmes aux financements et au leadership. Sept ans plus tard, l’enjeu a changé d’échelle. Les secteurs qui commanderont la croissance mondiale de 2030 à 2050 sont identifiés : l’IA générative, les infrastructures critiques, la deeptech, le quantique, les énergies décarbonées... Or, les femmes sont encore les grandes absentes de ces secteurs.
Ce constat dessine un paradoxe économique absurde. À l’heure où nos industries manquent de main-d'œuvre, où les tensions de recrutement sur les métiers techniques se font jour et où la souveraineté européenne est décrétée comme priorité absolue, nos économies ne tournent pas à leur plein potentiel. Aucune grande puissance ne peut prétendre mener la bataille technologique globale en se privant de la moitié de ses cerveaux.
C’est le message que nous adressons au Président de la République alors que s’ouvre le G7 d’Évian. Pour porter cette voix, une coalition inédite s'est rassemblée. Géants du CAC40, licorne de la French Tech, fleurons familiaux, acteurs de l’impact, nous représentons l’énergie, les transports, les services, le luxe, l’intelligence artificielle, l’éducation, l’immobilier, la santé durable ou encore le secteur bancaire : Arlequin AI, Groupe Caisse des Dépôts, Groupe Duval, European Digital Group, Grandir Group, L’Oréal Groupe, Mantu, Pileje laboratoire, RATP Dev, Groupe Revive et Schneider Electric. Notre dénominateur commun n’est ni notre activité, ni notre taille, ni notre histoire. Il repose sur une conviction : la parité n'est pas un indicateur de conformité, mais un indicateur de réussite économique. Chacun, selon son contexte, souhaite s’engager.
Notre dénominateur commun n’est ni notre activité, ni notre taille, ni notre histoire. Il repose sur une conviction : la parité n'est pas un indicateur de conformité, mais un indicateur de réussite économique. Chacun, selon son contexte, souhaite s’engager.
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Cette transformation systémique ne se décrète pas par la loi. Les politiques publiques tracent la route, mais ce sont les entreprises qui en sont le moteur. C’est par les modalités de recrutement sur le terrain, l’audit sans concession des biais algorithmiques des solutions utilisées, le fléchage massif des budgets de reconversion pour anticiper l’IA et la transformation des pratiques managériales que nous ferons bouger les lignes.
La France a dès lors une responsabilité historique à Évian, celle de réaffirmer que l’égalité entre les hommes et les femmes est un puissant levier de prospérité. Permettre aux femmes de coder les algorithmes, de concevoir nos réacteurs et de piloter nos réseaux logistiques n’est pas une question de quotas. C’est un investissement évident et incontestable dans le PIB des pays du G7.
Le combat n’est plus d’aménager la place des femmes dans l’économie d’hier. Il est de leur permettre de participer pleinement à la construction de l’économie qui s’invente sous nos yeux.
Le G7 est le lieu où doit être résolue cette équation : comment faire de l’égalité entre les hommes et les femmes l’une des conditions de notre puissance et de notre compétitivité ?
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