L'édito de Soazig Quéméner. Les villes, laboratoires de la transition écologique

Soazig Quéméner, rédactrice en chef de La Tribune Dimanche.
LTD/Cyrille George Jerusalmi pour La Tribune Dimanche

Soazig Quéméner, rédactrice en chef de La Tribune Dimanche.
LTD/Cyrille George Jerusalmi pour La Tribune Dimanche
Si elle est élue maire de Paris en mars prochain, Rachida Dati ne reviendra pas sur la mesure phare d’Anne Hidalgo, l’interdiction aux voitures des voies sur berge, ces chaussées qui embrassent la Seine. Mieux, la candidate LR, farouche opposante à la maire socialiste, a promis, dans La Tribune Dimanche, la végétalisation de ces anciennes voies express dessinées sous Georges Pompidou à la fin des années soixante. Il semble désormais impossible de reculer sur cet acquis écologique, que la maire du 7e arrondissement et son camp ont pourtant tant combattu.
Une nouvelle preuve que les villes demeurent les vrais laboratoires de la transition, au plus près des habitants. Les lieux où l’on peut mesurer, urbi et orbi, la pertinence d’une décision politique. Avec des succès éclatants, mais aussi des échecs cuisants, comme les zones à faibles émissions, qui devraient bientôt être définitivement portées en terre par les parlementaires. Accusées de charrier l’idée d’un séparatisme social entre urbains nantis et habitants des périphéries contraints d’acquérir un nouveau véhicule plus propre pour pouvoir continuer à se déplacer en ville, elles n’avaient jamais été acceptées par les Français.
Malgré les conséquences immédiates que le changement climatique peut avoir sur leur vie quotidienne, nos compatriotes ne considèrent pourtant pas celui-ci comme l’un des sujets majeurs des élections municipales. À l’occasion du Salon des maires, nous avions, avec l’Ifop, sondé l’état d’esprit des Français avant l’échéance de mars prochain. Résultat : la lutte contre le dérèglement climatique à l’échelle locale arrive en toute dernière place des enjeux déterminants du vote, loin derrière la priorité numéro 1, la sécurité.
En 2020, les élections municipales s’étaient, au contraire, teintées de vert, inscrites dans l’élan du score surprise de l’écologiste Yannick Jadot aux européennes (13,5 %) et des marches pour le climat. Marquées, d’ailleurs, par l’arrivée, dans un contexte de très forte abstention, d’une dizaine de maires écologistes aux commandes de grandes villes : Lyon, Bordeaux, mais également Strasbourg, Annecy, Poitiers, Besançon…
« Aujourd’hui, l’enjeu n’a pas disparu, il ne s’est pas évaporé, souligne Frédéric Dabi, directeur général Opinion du Groupe Ifop. Il y a toujours une prise de conscience. Mais il y a deux effets qui jouent. D’abord, il y a ceux qui pensent que c’est foutu, qu’on ne peut plus rien faire. Ensuite, ceux qui estiment que la France s’est déjà beaucoup mobilisée sur le sujet et qui voient le climat, avant tout, comme un enjeu de la globalisation. »
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Dans les villes, comme le montrent les acteurs publics que nous avons interrogés, le sujet reste pourtant omniprésent. Tous les maires sont confrontés à la question cruciale de l’adaptation au changement climatique, qu’ils aient eu à subir des sécheresses, des canicules ou des inondations. Et, comme vous le découvrirez dans ce supplément, s’ils veulent moins de pétrole, ils ont des idées et des solutions.