SONDAGE EXCLUSIF. 58 % des Français pensent qu’un patron ferait « un bon président de la République »

Un sondage OpinionWay révèle que 77% des Français estiment que le pays se portrerait mieux s'il écoutait d'avantage ses patrons.
LTD/AFP

Un sondage OpinionWay révèle que 77% des Français estiment que le pays se portrerait mieux s'il écoutait d'avantage ses patrons.
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L’opinion française a basculé. Mal-aimées ou ignorées par leurs concitoyens pendant plusieurs décennies et souvent malmenées par la classe politique, les entreprises prennent leur revanche. Entrepreneurs et patrons aussi. En tout cas auprès des Français, à défaut de bénéficier du même revirement chez la plupart des élus et responsables politiques. Comme l’illustre le sondage sur « la prise en compte du point de vue des entrepreneurs » réalisé par OpinionWay pour la Fondapol et le Cercle des entrepreneurs engagés (fondé par l’ancien secrétaire d’État Hervé Novelli), la compréhension des besoins des entreprises et de ceux qui les dirigent ou les ont créées ne cesse d’augmenter dans l’ensemble de la population. Quels que soient l’âge, l’origine sociale ou la couleur du bulletin de vote.

« L’attractivité des entreprises ne cesse d’augmenter dans l’opinion », confirme Bruno Jeanbart, le directeur des études politiques et d’opinion de l’institut OpinionWay. À la question « Si on écoutait davantage les entrepreneurs, la France se porterait-telle mieux ? », les personnes interrogées répondent à 77 % par l’affirmative. Un soutien transgénérationnel : ils sont 85 % chez les plus de 65 ans à approuver, mais également 70 % chez les 18-24 ans.
De même, une très large majorité des sondés (69 %) estime que le point de vue des entrepreneurs n’est « pas suffisamment pris en compte » par le gouvernement, ni par les élus nationaux (68 %). Ni même par les médias (60 %). Quant à la « compréhension des réalités entrepreneuriales par les récents gouvernements », 69 % jugent que les exécutifs successifs « ne comprennent pas les réalités auxquelles les entrepreneurs sont confrontés ». Un score identique quelle que soit l’origine sociale (68 % pour les CSP-).

Du baume au cœur pour Philippe d’Ornano, PDG de Sisley, une ETI du secteur des cosmétiques (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 4.800 salariés), coprésident du Meti (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) : « Des décisions politiques aberrantes ont provoqué la perte de la moitié des ETI françaises entre 1980 et 2000. La France en compte 7.000 aujourd’hui, soit toujours deux fois moins que l’Allemagne. Cette surtaxation massive affaiblit les entreprises et risque d’en conduire beaucoup à se vendre ou à fermer leurs portes. »
Pour ce dirigeant d’une entreprise familiale ulcéré – comme l’immense majorité de ses pairs – par le maintien d’une taxe sur les grandes entreprises qui devait rester « exceptionnelle », les patrons doivent prendre davantage la parole pour « lutter contre les contrevérités propagées dans le débat public ».
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Sur les 12 milliards d’euros d’efforts budgétaires prévus par la loi de finances 2026, plus de 10 milliards concernent directement les entreprises, dont cette « surtaxe sur les bénéfices », avec une majoration de 20,6 % pour les entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros. Et de 41,2 % pour celles dont les ventes dépassent les 3 milliards. Le symbole, pour le fondateur de LVMH Bernard Arnault, d’un pays « contre les entreprises, qui les taxe au maximum et finit par créer du chômage », selon ses propos tenus le 27 janvier, lors de la présentation des résultats du numéro un mondial du luxe.
Une attaque qui fait écho au sentiment partagé par 75 % des personnes interrogées, pour lesquelles les firmes françaises « sont davantage taxées qu’ailleurs en Europe ». D’où, pour les sondés, une situation « plus difficile », à la fois à cause de l’ensemble des taxes et des impôts mais aussi en raison de la complexité réglementaire et législative.

Pour le PDG du groupe d’assurances April, Éric Maumy, qui a lancé à la fin de l’année dernière le mouvement « Trop, c’est trop », dont la tribune a déjà recueilli plus de 2.000 signatures, cette compréhension de l’opinion publique l’encourage à poursuivre la mobilisation. « Nous devons collectivement et individuellement prendre plus la parole, affirme-t-il. Être présents dans les débats jusqu’à l’élection présidentielle. Alerter le grand public et interpeller les élus sur le terrain. »
Pour 74 % des personnes interrogées, « les entrepreneurs sont les plus capables de créer la croissance et l’emploi », tandis que 82 % pensent que les entreprises « contribuent beaucoup » à la croissance économique. Ces chiffres témoignent d’un dialogue qui s’est délité au fil des années entre politiques et entrepreneurs.

« Pas moins de 95 % de nos députés n’ont jamais mis les pieds dans une usine ! peste Antoine Raymond, le président du conseil de surveillance du groupe familial ARaymond. Ils ne savent pas ce qu’est une entreprise. » « Nous sommes les principaux financeurs de notre modèle social, rappelle de son côté Virginie Calmels, présidente de Croissance Plus. Alors que les politiques présentent les entreprises comme des profiteuses du système. Ce qui provoque la colère des entrepreneurs. »
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Patrick Martin, le président du Medef, souligne les risques à venir à la suite du vote de la loi de finances : « Que devrions-nous faire pour que les politiques nous écoutent ? Ces mesures n’ont d’autre effet que de repousser et amplifier les problèmes. » Il estime inévitables à terme des économies d’ampleur qui frapperont les ménages, alors que les chiffres du pouvoir d’achat des Français sont déjà « très préoccupants ». En 2025, pour la troisième année de suite, le PIB par habitant – la richesse de chaque Français – a chuté en deçà de la moyenne européenne.
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