La décision du gouvernement de maintenir la contribution exceptionnelle d'impôt sur les grandes entreprises au même niveau qu'en 2025 fait vivement réagir dans les rangs patronaux.La mauvaise nouvelle est arrivée par courrier. Dans une lettre adressée aux chefs d’entreprise, dimanche 18 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu leur a annoncé le maintien de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises (CEBE) en 2026. Et ce, dans la version la plus défavorable au patronat. À savoir, en reprenant « le barème arrêté pour 2025 par les gouvernements de Michel Barnier et de François Bayrou », indique la missive. En clair, l’exécutif vise un rendement similaire à celui de l’année dernière : environ 8 milliards d’euros.
Mais en 2026, il y aura une différence de taille dans le dispositif. Il ne s’appliquera plus aux 440 plus grandes boîtes tricolores, mais à 300 seulement – les entreprises de taille intermédiaire (ETI) en étant « explicitement exclues », précise le courrier. « En sortant les ETI de la surtaxe, il y a une attention particulière accordée au fait de produire en France. Mais il faut être vigilant à ne pas faire de l'économie par catégorie d'entreprises. L'économie c'est un tout, réagit auprès de La Tribune, Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti). La surtaxe maintenue sur les grandes entreprises aura un impact sur nos entreprises car nous travaillons pour certaines d'entre elles comme sous-traitants. Cela aura des conséquences sur l'ensemble de la chaîne de valeur. »
Réactions au sein du patronat
Initialement, le projet de loi de finances (PLF) présenté le 14 octobre par Sébastien Lecornu prévoyait de diviser par deux le rendement attendu de la surtaxe – de 8 à 4 milliards d’euros en 2026. Mais, faute de majorité à l’Assemblée nationale et dans une recherche de compromis avec le Parti socialiste, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait fait adopter, en première lecture, au Palais-Bourbon, un amendement rehaussant à 6 milliards d’euros le rendement pour 2026. Soucieux d’atterrir sur le budget, l’exécutif a donc lâché deux milliards d’euros supplémentaires au parti à la rose dans la dernière ligne droite des négociations politiques. Et cela a visiblement marché, le Premier ayant annoncé, ce lundi 19 janvier, qu’il recourra à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget.