Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT : « Pour la rupture, on reviendra ! »
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Sophie Binet, devant Matignon après sa rencontre avec le Premier ministre, le 24 septembre 2025.
LTD/Blondet Eliot/ABACA
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Sophie Binet, devant Matignon après sa rencontre avec le Premier ministre, le 24 septembre 2025.
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment qualifieriez-vous votre rencontre avec Sébastien Lecornu de mercredi ?
SOPHIE BINET — C’était une réunion un peu lunaire, avec un interlocuteur se disant être le Premier ministre le plus fragile de la Ve République, accompagné de trois ministres démissionnaires qui continuent d’agir comme si rien n’avait changé depuis la chute de François Bayrou. Il n’y avait rien de tangible, un discours général sur la volonté de ne pas passer en force, mais aucun acte réel de rupture. Je ne suis pas sûre que Sébastien Lecornu se soit émancipé d’Emmanuel Macron et ait la capacité de revenir sur la réforme des retraites ou encore sur l’année blanche. C’était comme s’il n’y avait pas eu 1 million de personnes dans les rues et des centaines de milliers de grévistes. Il minimise complètement la gravité de la crise sociale et démocratique du pays. Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron.
Sébastien Lecornu a détaillé ce vendredi dans une interview au journal Le Parisien ses positions avant sa présentation du budget. Quelle est votre réaction ?
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Pour la rupture, on reviendra ! Il ferme la porte sur les retraites et sur la taxe Zucman, ne s’engage toujours pas clairement sur les autres lignes rouges. Cela confirme la nécessité de la mobilisation du 2 octobre. C’est uniquement après cette journée, et sur la base du rapport de force du 10 et du 18 septembre, que nous irons le rencontrer de nouveau pour exiger des réponses concrètes. Nous adapterons ensuite notre stratégie à la situation, mais ce qui est sûr, c’est que nous maintiendrons la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires, en décembre, pour que le budget soit sous la surveillance du monde du travail. La fébrilité du patronat confirme que nous sommes en position de force !