Openclassrooms, la start-up française devenue « université américaine »

Pierre Dubc en conférence à San Diego, en avril 2026.
LTD/DR

Pierre Dubc en conférence à San Diego, en avril 2026.
LTD/DR
Ce jour-là, lui qui vit à New York répondait depuis la Californie. Pierre Dubuc figurait parmi les intervenants d’un forum rassemblant à San Diego les acteurs de l’EdTech (technologies numériques au service de l’éducation). Pour le cofondateur d’OpenClassrooms, la Californie, c’est aussi un État qui compte. Son école 100 % en ligne y a obtenu un agrément permettant de délivrer des diplômes américains. Autrement dit, elle peut y inscrire des étudiants.
Cinq autres États ont ouvert leurs portes, le Texas étant le prochain sur la liste. « Le but est de généraliser cette attribution, via une supra-licence au niveau fédéral », pose le dirigeant. Sur place, une vingtaine de salariés l’accompagnent dans cette expansion américaine. « On est en train d’y lancer des parcours diplômants en alternance. C’est commun en France mais pas du tout aux États-Unis. »
À 37 ans, Pierre Dubuc dispose déjà d’une longue expérience d’entrepreneur dans l’écosystème. Et d’une reconnaissance qui se lit notamment à travers son apparition, en 2016, dans le classement Forbes des jeunes innovateurs européens. Son histoire se confond avec OpenClassrooms, à l’origine un site internet lancé à l’adolescence avec un ami, pour proposer des tutoriels informatiques (Le Site du Zéro). L’acte de naissance officiel intervient en 2013, prélude à de rapides changements d’échelle.
Après cinq ans d’existence, la start-up devient entreprise à mission (loi Pacte) et lève 60 millions d’euros. En revendiquant une approche « sociale ». Un temps, la garantie d’un emploi décroché dans les six mois suivant le cursus a même été offerte aux apprenants. Faute de quoi, OpenClassrooms s’engageait à les rembourser de leurs frais de leur formation. « Avec le temps, on a développé des modèles où une grande partie de la formation est financée, retrace Pierre Dubuc. Environ 90 % des étudiants, chez nous, ne paient pas de leur poche. »
Au plus fort de l’activité, en période Covid, le groupe comptait 535 salariés. Ils sont environ 200 aujourd’hui. Des vagues de départs liées au ralentissement de l’activité et à l’apparition de nouveaux acteurs sur le segment « on line ». Le CEO parle d’un « rollercoaster » à l’évocation de ces vicissitudes, mais se réjouit que sa société soit « profitable depuis neuf mois ». En utilisant l’IA pour être « plus efficace en termes de personnalisation et de rapidité des réponses aux étudiants ». Et en élargissant encore le spectre de ses programmes, basés sur un diptyque : 20 % de théorie et 80 % de pratique.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Pierre Dubuc parle d’un « positionnement plutôt très qualitatif sur les contenus » et met volontiers en avant les 1 500 mentors chargés d’accompagner les utilisateurs, via des visioconférences hebdomadaires. Si le prisme numérique-tech est perceptible, l’offre, étalée du CAP au Bac+5, se veut généraliste : médico-social, business, RH & gestion, rénovation énergétique, design, etc. Âge moyen des apprenants : 35 ans.
OpenClassrooms revendique ainsi « 43 000 personnes placées dans l’emploi » en 2025. Et quelque 200 000 suivant ses cours en libre accès. Les perspectives du patron ? « Une sorte de nettoyage du marché s’opère. Mais la part des formations en ligne augmente, et va continuer à augmenter. »