Si la majeure partie de son électorat reste loyale à Donald Trump, l’éventualité d’une opération terrestre en Iran inquiète.Costume-cravate et propos soignés, Sean O’Brien, un étudiant en commerce de 20 ans, originaire du Connecticut, le reconnaît volontiers : « Concernant le conflit en Iran, j’étais très sceptique au départ, compte tenu de notre histoire récente au Moyen-Orient. » Il n’est pas le seul parmi les participants de la Conférence d’action politique conservatrice.
La CPAC se tient dans la banlieue de Dallas, au Texas, au centre de congrès et de villégiature de Gaylord Texan, un complexe gigantesque, presque disproportionné au regard de l’événement. Une première pour l’un des rendez-vous conservateurs les plus importants du pays, habituellement organisé dans les environs de Washington. Une première aussi avec l’absence de Donald Trump, qui n’avait pourtant boudé aucune des précédentes éditions. La Maison-Blanche a invoqué un agenda surchargé en raison du conflit avec Téhéran.
Sans surprise, c’est d’ailleurs la guerre qui domine les discussions lors de cette grand-messe de la droite américaine, du moins parmi les participants. Si les intervenants officiels restent plus prudents sur le sujet, le nouvel élan interventionniste du milliardaire new-yorkais divise la base. Une grande partie du mouvement Maga (Make America Great Again) continue d’accorder une confiance aveugle à son leader, malgré une guerre sans calendrier ni objectif clair.
« Plusieurs hauts responsables du régime ont été éliminés, sans qu’un seul soldat américain n’ait été envoyé sur le terrain », se félicite Sean O’Brien. Dans les couloirs, il est difficile d’ignorer les nombreux soutiens au prince Reza Pahlavi, résident aux États-Unis et considéré par une partie de l’opposition iranienne en exil comme un successeur naturel à la tête de l’Iran.