Suspects arrêtés, bijoux introuvables, profil des mis en examen : ce que l'on sait sur le cambriolage du Louvre
Cinq nouveaux suspects, dont un des cambrioleurs présumés, ont été interpellés mercredi soir à Paris et en région parisienne. Deux des interpellés ont été mis en examen mais les enquêteurs n'ont pas encore retrouvé la trace des bijoux. Le point sur ce que l'on sait de ce cambriolage historique.
Cinq suspects, dont un des cambrioleurs présumés, ont été interpellés mercredi soir à Paris et en région parisienne. Des traces d’ADN de l’un d’entre eux avait été découvert par les enquêteurs, laissant penser qu’il faisait partie du commando qui a commis le casse. Les quatre autres suspects placés en garde à vue « peuvent éventuellement nous renseigner sur le déroulement de ces faits », espère Laure Beccuau, la procureure de Paris, qui n'a pas donné plus d’informations sur la nature de leur profil.
Deux des interpellés ont été mis en examen mercredi soir pour vols en bande organisée (15 ans de réclusion criminelle encourus) et association de malfaiteurs (10 ans encourus). Ces deux hommes, qui ont reconnu de façon « minimaliste » leur implication, ont été placés en détention provisoire.
« L'enquête se poursuit pour identifier l'ensemble des protagonistes » impliqués, a déclaré la procureure, selon laquelle rien ne « permet à ce stade d'affirmer que les malfaiteurs auraient bénéficié d'une complicité au sein du musée ».
Que sait-on du profil des mis en examen?
Les deux mis en examen sont déjà connus des services de police mais « ne font pas partie du haut spectre de la criminalité organisée ». Ils vivaient à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
Le premier a été arrêté à l'aéroport de Roissy alors qu'il tentait de se rendre en Algérie, pays dont il possède la nationalité. Âgé de 34 ans, sans activité, il avait travaillé comme ripeur ou livreur. Il était connu des services de police pour des faits de délinquance routière, et avait déjà été condamné pour un fait de vol. Son ADN a été retrouvé sur l’un des scooters ayant servi à la fuite après le casse.
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Le second suspect, interpellé à proximité de son domicile, est un chauffeur de taxi clandestin de 39 ans. Connu pour des vols aggravés, l’homme est « sous contrôle judiciaire dans une autre affaire de vol aggravé (voiture bélier et distributeur automatique de billets) » pour laquelle il doit être jugé en novembre à Bobigny. Des traces de son ADN ont été retrouvées sur une des vitrines fracturées, ainsi que sur des objets abandonnés au Louvre.
Où sont les bijoux de la couronne ?
Pour l’instant, seule la couronne de l'impératrice Eugénie que les malfaiteurs ont laissé tomber lors de leur fuite a pu être récupérée. Mais la directrice du Louvre a fait savoir « combien il serait délicat » de la restaurer.
Les perquisitions ayant eu lieu dans la soirée et la nuit de mercredi à jeudi n'ont « pas permis de retrouver » le reste des bijoux, a souligné la procureure, qui s'est dit « déterminée » à ramener ce trésor national à sa place, jugeant qu’il était désormais « invendable ». « Quiconque les achèterait se rendrait coupable à son tour de recel », ajoutant qu’il était « encore temps de les restituer ».
L'office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) « examine tout le marché légal des œuvres d'art », tout en sachant que ce n'est « pas sur ce type de marché que surgiront les bijoux », mais sur les « marchés parallèles ». « Il y a différentes hypothèses, notamment celle que ces bijoux pourraient être une marchandise de blanchiment, voire de négociation dans le milieu de la criminalité organisée. Donc, on observe tout ».