ENTRETIEN – Avant les tests d’automne, l’ex-président de la Fédération, aujourd’hui dirigeant de Montpellier, livre un avis éclairé sur le XV de France et son entraîneur.Samedi 8 novembre, Bernard Laporte dégustera France-Afrique du Sud comme des millions de supporters. « J’ai découvert le bonheur de regarder les matchs à la télé, seul ou avec des potes », confie l’ancien patron de la Fédération, qui a démissionné en janvier 2023 emporté par les affaires.
Celui qui, en tant qu’entraîneur, a mené les Bleus deux fois en demi-finale de Coupe du monde (2003 et 2007) et quatre fois au succès dans le Tournoi des Six Nations (2002, 2004, 2006 et 2007) est revenu aux choses du terrain à Montpellier, où il occupe le poste de directeur du rugby du club de Mohed Altrad. Une autre position d’observateur privilégié, alors que les Springboks, les Fidji et l’Australie s’annoncent à l’horizon.
LA TRIBUNE DIMANCHE — L’Afrique du Sud a impressionné en écrasant dernièrement les All Blacks (10-43). Inquiétant pour les Bleus ?
BERNARD LAPORTE — Certains disent que la France va se faire massacrer, mais je ne pense pas que ce sera plus difficile que le quart de finale de la Coupe du monde 2023 [28-29]. Il sera aussi très serré. Il y a deux ans, la France aurait même dû gagner. Mais on ne va pas revenir sur l’arbitrage…
Qu’appréciez-vous dans ce XV de France ?
La quantité de joueurs de talent. Il y a 15 ans, on tremblait quand on perdait un ouvreur ou un pilier droit. Aujourd’hui, on peut constituer trois équipes. Cet été, on est parti en tournée en Nouvelle-Zélande avec tellement d’absents que tout le monde parlait d’équipe C. Elle a perdu, d’accord, mais elle a rivalisé lors du premier et du dernier test. Il y a de la concurrence, personne n’est installé. Et je suis convaincu que ça ne s’arrêtera pas.