Le canal du Panama face au défi de la sécheresse
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Un employé de l'Autorité du canal de Panama dans les écluses de Gatún, en travaux, le 15 juin 2026.
LTD/Enea Lebrun/REUTERS
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Un employé de l'Autorité du canal de Panama dans les écluses de Gatún, en travaux, le 15 juin 2026.
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Le changement climatique ne menace pas seulement les écosystèmes. Il fragilise aussi des infrastructures vitales pour l’économie mondiale. Le canal de Panama en offre l’une des illustrations les plus frappantes. Par cette étroite voie maritime transite près de 4 % du commerce mondial. Or, depuis plusieurs années, le déficit pluviométrique qui touche le pays assèche progressivement les deux lacs artificiels alimentant son système d’écluses. Une menace directe pour le fonctionnement de l’infrastructure.
Le canal a besoin d’environ 5,2 milliards de mètres cubes d’eau par an pour fonctionner normalement. En 2019, seuls 3 milliards étaient disponibles. L’Autorité du canal de Panama (ACP) a alors dû restreindre le passage des navires. Une décision lourde de conséquences pour cette artère empruntée chaque année par plus de 11.000 bâtiments.
Et la situation ne s’est pas améliorée. Entre 2023 et 2024, le Panama a subi la pire sécheresse depuis soixante-dix ans, provoquant une chute d’environ 30 % du trafic. Pour un pays pourtant considéré comme le cinquième plus pluvieux au monde, le signal d’alarme est particulièrement fort. Les projections n’incitent guère à l’optimisme.
Dans une étude publiée l’an passé, la revue scientifique Geophysical Research Letters estimait que le lac Gatún, principal réservoir du canal, devrait connaître des « baisses significatives » de ses réserves d’eau tout au long du XXIe siècle si les émissions mondiales de CO2 ne diminuent pas fortement. Un phénomène aggravé par « El Niño ». L’enjeu est considérable. Chaque année, le canal voit transiter environ 270 milliards de dollars de marchandises et génère près de 5 milliards de dollars de recettes de péage.