Genève, le Monaco du rugby ?
Stéphane Colineau
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Les Grenats du Servette de Genève face au Beauvais RC, le 17 septembre 2023.
LTD/Servette RC
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Les Grenats du Servette de Genève face au Beauvais RC, le 17 septembre 2023.
LTD/Servette RC
C'est un club basé de l'autre côté de la frontière, pourtant engagé dans le championnat de France, qui l'accueille parce que son territoire national ne dispose pas d'assez de pratiquants pour organiser une compétition digne de ce nom. L'AS Monaco ? Raté. Il s'agit du Servette de Genève, version rugby. Dans sa poule de Nationale 2, le quatrième niveau français, le XV suisse ressemble de très loin au promu qu'il est : cinq victoires, deux défaites et une place dans le premier tiers du classement.
On se croirait revenu un an plus tôt, en Fédérale 1, quand les dirigeants genevois annonçaient jouer le maintien, puis envisageaient les phases finales du bout des lèvres. Tant de précautions pour finir par rafler le titre de champion de France, en concassant en finale les Basques de Mauléon (28-9) dans un choc des cultures. Genève, avec ses 200 000 habitants, n'en était vraiment pas à son coup d'essai. Admis en bas de l'échelle par la Fédération française de rugby en 2014 au sein du comité de l'Ain, le club est monté neuf fois en dix ans, et a amassé trois Boucliers.
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Ses adversaires toussent, pas loin de crier à la concurrence déloyale. « On sent une petite animosité des autres clubs, on ne doit pas être le club le plus aimé de France », euphémise Romain Gauthier, le troisième ligne français arrivé il y a deux ans. Sans nom ronflant mais large et consistant, l'effectif est composé d'un tiers de Suisses et de deux tiers de Français. « On fait du local, on vise des garçons issus de Rhône-Alpes qui ont connu le haut niveau, développe Alain Studer, le président, un Suisse passé par Bourgoin-Jallieu, Oyonnax et la Nouvelle-Zélande. Notre cible typique, c'est le joueur formé à Oyonnax. Mais on n'a pas de filière fidjienne ou géorgienne comme d'autres. » Ce qui n'empêche pas les taquins « mercenaires » de fleurir le long des balustrades depuis dix ans.
Stéphane Colineau
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