Tournoi des Six Nations : La victoire en chancelant pour les Bleus

La France conserve son titre dans le Tournoi des Six Nations.
Gonzalo Fuentes/Reuters

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C’est une joue encore rougie par la gifle reçue le week-end dernier en Écosse (50-40), l’autre empourprée par la joie, que le XV de France a reçu le trophée offert au vainqueur du Tournoi des Six Nations. Enfin presque. Après son succès du soir contre l’Angleterre, seule une réplique de la coupe a été remise à Antoine Dupont, l’originale ayant été endommagée au début du mois lors d’un incendie.
Les plus prompts à l’interprétation des signes y verront un symbole, tant le succès final de la France a été abîmé par sa sortie de route de Murrayfield. Les long-termistes souligneront au contraire que l’Histoire ne retient que les palmarès, et que celui de la France sur le continent devient aussi épais que le torse d’Emmanuel Meafou. Tous ont raison.
Avec huit victoires depuis 2000 et l’arrivée de l’Italie dans la compétition, les Bleus dominent désormais toutes les autres nations, devant l’Angleterre et ses sept victoires. À lui seul, Fabien Galthié empile trois succès en cinq ans, dont un Grand Chelem en 2022. Il est parvenu à conserver la couronne conquise en 2025. Un doublé peu commun, inédit depuis 2006-2007. Pimenté par l’identité de l’ultime adversaire des Bleus.
Battre l’Angleterre continue de procurer une satisfaction incomparable de ce côté de la Manche. Le Stade de France, chauffé par un spectacle de présentation gorgé de rivalité ancestrale, en a été tout secoué. Et peu importe la pâleur actuelle de l’ennemi ovale héréditaire, qui se présentait à Saint-Denis lesté de trois revers embarrassants.
Hier, vêtue d’un maillot d’un inhabituel bleu clair, opération marketing et référence à celui porté lors du premier Crunch disputé il y a cent vingt ans, la France a sans conteste réalisé sa pire prestation du Tournoi, celle en Écosse exceptée. Heureusement, Thomas Ramos a réussi la pénalité de la victoire sur le fil et cette équipe possède une arme imparable : les coups de pied à destination de sa fusée, Louis Bielle-Biarrey. Sept minutes et LBB était déjà envoyé dans l’en-but par son arrière. Mais trois de plus et l’Angleterre répondait par Tom Roebuck, en coin. Le pire restait à venir : fébriles et fragiles, à mille lieues de leur niveau affiché en Irlande (36-14), les Bleus encaissaient un 17-0 entre les 23e et 39e minutes.
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Les deux essais marqués avant et après la pause, assortis d’un carton jaune pour Ellis Genge (40e) ont donné de l’air aux Français, mais preuve était faite qu’ils n’ont pas fini de trimballer la valise de Murrayfield, lourde de trente plaquages manqués et du souvenir de ses joueurs dépassés par la vitesse adverse. Hier, ce souvenir a parfois semblé vivace, avec cette passe de Jalibert interceptée par Ollie Chessum filant à l’essai (51e), miroir d’un raté d’Antoine Dupont à Edimbourg. « On a un dénouement parfait mais on s’est rendu le match compliqué », a admis l’ouvreur. Heureusement LBB et ses lanceurs étaient là. L’ailier bordelais a inscrit hier son neuvième essai du Tournoi 2026, un record absolu. Il est aussi devenu le seul joueur à avoir marqué un essai lors de dix matches consécutifs dans la compétition.
Mais il ne masque pas à lui seul cette fébrilité, qui empêche de fantasmer un XV de France doté d’une maîtrise implacable, celle des All Blacks des grandes heures ou de l’Afrique du Sud double championne du monde en titre. Pourtant, après trois journées, la France semblait avoir posé sa main sur l’Hémisphère Nord, avec ses trois victoires bonifiées. En ligne de mire alors, une symphonie sans fausse note Le rêve est passé et la leçon de ce Tournoi 2026, c’est peut-être simplement que les Français restent des Français. Ils vivent sur un fil. Fabien Galthié, attaqué cette semaine pour ses choix tactiques et pour sa décision d’écarter des cadres tels que Fickou, Penaud ou Alldritt, n’échappera pas à de nouvelles critiques.
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