XV de France : le cauchemar de Murrayfield

Kyle Steyn (Écosse), marque le deuxième essai écossais du match.
LTD / Stuart Wallace / Shutterstock/SIPA

Kyle Steyn (Écosse), marque le deuxième essai écossais du match.
LTD / Stuart Wallace / Shutterstock/SIPA
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Sabah Abouessalam-Morin : « À Edgar Morin, l’homme de ma vie »
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
Nous abreuver d’émotions, fussent-elles contradictoires, voilà la mission que semble s’être donnée ce XV de France. Après avoir déclassé l’Irlande (36-14), surclassé le pays de Galles (12-54) et recalé l’Italie (33-8), le XV de France qu’on imaginait lancé sans obstacle vers le Grand Chelem a été laminé par l’Écosse à Murrayfield, dans un match fou à treize essais (50-40). Les 10 petits points d’écart traduisent mal le cauchemar vécu dans l’ensemble par les hommes de Fabien Galthié. Entre la 22e (7-14) et la 62e minute (14-47), ils ont sombré comme jamais, encaissant un 40-0 que le plus téméraire des bookmakers de Glasgow n’aurait pas osé soumettre aux pronostics.
Les vingt dernières minutes n’ont pas davantage été un sommet de maîtrise, mais elles ont permis de sauver les meubles. Le point de bonus offensif arraché (six essais) a permis à Antoine Dupont et sa bande de guerriers tenaces de garder leur destin en main. Avant la dernière journée, ils restent leaders du classement, à égalité de points avec leur bourreau du jour, mais dotés d’un goal-average très supérieur (+79 contre +21). Une victoire bonifiée samedi 14 mars au Stade de France contre l’Angleterre, alors que l’Écosse se déplace en Irlande, leur assurerait le gain d’un nouveau Tournoi.
Ce serait le troisième de l’ère Galthié, et le deuxième d’affilée, une performance notable. Jamais les Bleus n’ont conservé leur couronne depuis près de vingt ans (2006 et 2007). C’est évidemment ce que le sélectionneur pointait après la gifle reçue : « Qu’on le veuille ou non, on est encore premiers. Alors bravo aux Écossais qui nous ont mis en grande difficulté pendant les deux tiers du match, et désolé pour les supporters qui attendaient un triomphe, mais on va avaler la déception en sachant qu’on a les armes pour redresser la barre et aller chercher la victoire dans ce Tournoi. »
Pas de Grand Chelem, en revanche, le Graal du rugbyman. Les Écossais n’ont pas voulu. Privés de victoire finale dans le Tournoi depuis 1999, ils paraissaient en mission. Tout leur a réussi. Après cinq premières minutes d’une grande intensité, Darcy avait déjà filé vers un premier essai. Sur l’action, les Bleus ont laissé tomber un ballon haut, un classique, et manqué deux plaquages. Malheureusement pas les derniers d’un match où jamais ils n’ont su éteindre la vitesse du XV du Chardon, particulièrement de sa ligne arrière, que Fabien Galthié avait désignée de manière prémonitoire comme « la meilleure Britannique de la compétition ».
Samedi 7 mars, elle a en tout cas été supérieure à l’escouade bleue. Même Antoine Dupont a fauté. On l’a pourtant d’abord cru à son niveau de génie habituel, quand il a arraché un ballon dans les bras du capitaine écossais Tuipulotu, pour permettre aux Bleus d’égaliser (18e). Mais même le meilleur joueur du monde a fini par être englouti par la furia adverse. Sa passe contrée sur la ligne médiane a atterri dans les bras de Steyn, qui a déposé Moefana (51e). La bascule. Dix minutes plus tard, son en-avant dans son propre en-but a provoqué une mêlée à cinq mètres, puis un nouvel essai. « J’ai fait deux erreurs qui nous coûtent cher », a-t-il reconnu avant d’élargir le débat : « On est indisciplinés, on subit toutes les collisions. On n’a pas su se sortir de ça, et évidemment que la charnière et moi, au milieu, c’est ma responsabilité aussi. »
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Il aura fallu sept essais écossais et deux cartons jaunes (Jalibert et Nouchi) pour que sonne l’heure de la rébellion. Galthié : « À partir du moment où on a compris qu’on ne gagnerait pas, on avait deux objectifs : le point de bonus offensif [4 essais ou plus] et le défensif [7 points d’écart ou moins]. » Entre deux maladresses, ses troupes ont fini par enchaîner les essais et gratter le bonus offensif, face à des adversaires épuisés par le match de leur vie. En ces derniers instants, la légendaire inconstance écossaise est réapparue. Les hommes de Greg Townsend auront été capables dans ce Tournoi de perdre contre l’Italie, de trembler face à des Gallois en pleine crise, tout en matant sèchement l’Angleterre.
Les Bleus et les 15.000 supporters venus les soutenir auraient dû se méfier davantage. Depuis 2020 et le début de l’ère Galthié, ils souffrent à Murrayfield. Ils n’ont brillé qu’en 2022 (17-36). Ils ont rendu les armes en 2020 et 2023, et il a fallu une décision arbitrale contestée pour que le voyage en 2024 ne se termine pas sur un autre revers. Dans ce Tournoi ébouriffant, où tout le monde est en mesure de battre tout le monde, à l’exception du faiblard pays de Galles, le France-Angleterre final vaudra bien davantage que le méconnu trophée Eurotunnel mis en jeu. France 2, qui avait cédé cet Écosse-France à TF1 sans imaginer qu’il pourrait s’agir de la finale du Tournoi, s’en frotte déjà les mains.
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche