Le fonds américain AIP envisage de vendre ou d’introduire en Bourse Aluminium Dunkerque. Le site nordiste, stratégique pour la filière industrielle européenne et employant 750 salariés, suscite déjà l’intérêt de plusieurs géants du secteur.
L’avenir d’Aluminium Dunkerque, pilier industriel du littoral nordiste, pourrait basculer dans les prochains mois. Selon des informations confirmées à l’AFP, le fonds américain American Industrial Partners (AIP), propriétaire du site depuis 2021, étudie plusieurs scénarios, dont une cession totale ou une introduction en Bourse. Une perspective qui attire immédiatement l’attention de quelques poids lourds du secteur métallurgique, alors que l’usine demeure la plus grande fonderie d’aluminium d’Europe.
AIP, qui gère 16 milliards d’euros d’actifs, n’a pas souhaité commenter ces options. De son côté, Aluminium Dunkerque, solidement implanté à Loon-Plage, n’a pas réagi publiquement. Le site emploie 750 salariés et a généré 834 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, preuve de son rôle central dans la filière.
L’usine, ancien fleuron de Pechiney, avait rejoint le giron d’AIP après les déboires financiers du groupe de Sanjeev Gupta. Ce dernier était visé par une enquête pour « abus de biens sociaux » et « blanchiment », entraînant en 2022 une série de perquisitions, notamment au siège parisien de GFG Alliance et à la fonderie dunkerquoise.
Selon Bloomberg, trois acteurs seraient déjà prêts à se positionner : Rio Tinto, Glencore et le groupe grec Metlen Energy & Metals. Tous voient dans Aluminium Dunkerque un actif industriel clé, notamment grâce à sa capacité de production et à son accès sécurisé à l’énergie.
Car le site est le plus gros consommateur industriel d’électricité de France, avec une demande instantanée de 450 mégawatts, soit l’équivalent de la moitié d’un réacteur nucléaire. Un accord stratégique conclu l’été dernier avec EDF garantit à l’entreprise une part substantielle de son approvisionnement pour dix ans, à partir du 1er janvier 2026. La fin de l’Arenh et de son prix régulé modifie en profondeur les équilibres du marché, mais cet engagement offre une visibilité rare.
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Parallèlement, Aluminium Dunkerque avance sur la voie de la décarbonation. En mai, l’entreprise a mis en service son premier four de recyclage, un investissement de 13 millions d’euros permettant de produire 20 000 tonnes d’aluminium par an avec une empreinte carbone drastiquement réduite. Le procédé émet seulement 0,5 à 0,6 tonne de CO₂ par tonne recyclée, contre environ 4 tonnes pour la production classique du site. Une performance qui renforce l’attractivité d’Aluminium Dunkerque auprès de potentiels repreneurs cherchant à verdir leur portefeuille industriel.