Le conseil de prud’hommes de Lille a requalifié une partie des licenciements intervenus lors du PSE de 2020-2022. Une décision qui pourrait peser sur l’avenir social du site, déjà engagé dans un nouveau plan de suppressions de postes.
L’affaire opposant Cargill situé Haubourdin à 52 de ses anciens salariés a connu un tournant important. Le jugement rendu en début de semaine par le conseil de prud’hommes de Lille a donné raison à 33 d’entre eux, estimant que leur licenciement économique devait être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Selon les calculs effectués à partir du jugement écrit, l’entreprise devra verser au moins un million d’euros d’indemnités pour ces dossiers.
Le plan de sauvegarde de l’emploi mis en œuvre entre 2020 et 2022 avait entraîné la suppression de 120 postes sur les 314 que comptait alors le site d’Haubourdin, spécialisé dans la production d’amidon modifié, de sirops et de polyols pour l’industrie agroalimentaire. Plusieurs recours avaient été engagés ces dernières années, devant différentes juridictions, sans aboutir. L’audience prud’homale de février 2025 avait laissé les salariés dans l’attente, jusqu’au délibéré communiqué cet automne.
Sur les 52 dossiers examinés, 16 ont été rejetés, car les salariés concernés avaient signé une rupture conventionnelle. Pour trois salariés protégés, le conseil de prud’hommes attend la décision d’une autre juridiction avant de statuer.
Les ex-salariés déboutés devraient faire appel, tandis que l’entreprise n’exclut pas elle-même de contester la décision. Cargill maintient que la réorganisation engagée il y a cinq ans était indispensable et rappelle avoir accompagné les départs via des mesures financières et un dispositif destiné à favoriser un retour rapide à l’emploi.
L’entreprise souligne également poursuivre la transformation industrielle du site d’Haubourdin. Depuis 2021, près de 60 millions d’euros ont été investis pour adapter l’outil productif dans un contexte jugé très tendu pour l’industrie amidonnière européenne.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
En parallèle de ce premier contentieux, un nouveau plan social a été validé en juin 2025 par la DREETS. Treize postes supplémentaires doivent disparaître, principalement des fonctions d’encadrement. L’usine, qui comptait encore 163 salariés début 2025, devrait passer autour de 150 collaborateurs une fois ce second plan achevé.