Qui peut encore rassurer les Français en 2026 ?

Rémi Cerdan
AEMA
PROPOSÉ PAR
La Tribune Now - Actualités et analyses
Pour autant, l’État et les assureurs mutualistes conservent un capital de confiance élevé face à des risques qui s’inscrivent dans la durée. Mais plus que des promesses, ce sont désormais leurs actions conjointes qui conditionnent leur capacité à rassurer sur le long terme.
La France serait-elle devenue l’un des pays les plus pessimistes d’Europe sur la question de l’amélioration du niveau de vie ? Selon la 5éme édition du Baromètre de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe, les Français semblent en tous cas plus nombreux que leurs homologues européens à être préoccupés par leur pouvoir d’achat (la France est le seul pays du panel à placer le pouvoir d’achat en tête des sources d’appréhension à 27 %, contre 15 % en moyenne en Europe). Les seniors, les retraités et les habitants des territoires ruraux anticipent déjà majoritairement une baisse de leur niveau de vie (respectivement à 64 %, 63 % et 50 %). Comme leurs voisins européens, les Français sont également nombreux à citer parmi leurs préoccupations majeures les tensions politiques internationales et les risques de conflit (27 %), l’accès aux soins (24 %), le dérèglement climatique (23 %) ou encore les retraites (13 %). Face à ces risques protéiformes qui nécessitent des réponses globales de long terme tout autant que des solutions rapides et concrètes, l’État et les assureurs mutualistes semblent cependant conserver un haut niveau de confiance.
Pour la première fois cette année, le corps médical devient ainsi le premier acteur de protection cité par les Français (40 %), juste avant la famille et les proches qui rétrogradent de 4 points par rapport à l’an passé. Les institutions publiques et les forces de l’ordre sont également de plus en plus perçues comme des acteurs de protection (38 % et 37 %). Cette confiance envers les représentants de l’État se prolonge dans le rapport à l’épargne : un Français sur deux - avec des résultats plus marqués chez les hommes, les retraités et les catégories sociales les plus aisées - juge normal que les pouvoirs publics orientent l’épargne vers des secteurs d’intérêt général, en priorité la santé (83 %), la recherche (54 %), la défense (48 %) et le logement social (43 %). Autant de résultats qui n’expriment pas nécessairement la nostalgie de l’État providence, mais plutôt une attente d’un État stratège, capable de fixer un cadre, de coordonner les réponses et de porter une vision de long terme. À l’approche des élections municipales en mars, la parution du Baromètre de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe souligne ainsi que la protection ne pourra se construire qu’autour d’une volonté politique forte. « La culture de la prévention nécessite un changement profond, qui doit s’ancrer dans les mentalités et les pratiques, explique Rémi Cerdan, président du comité d’orientation de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe. Cela suppose d’adopter une approche systémique de la protection, afin qu’elle soit intégrée à tous les niveaux de la société – des politiques publiques aux comportements individuels, en passant par le secteur économique. »
Si les assureurs ne figurent pas parmi les tout premiers acteurs spontanément cités lorsqu’il s’agit de protection globale, les acteurs mutualistes conservent néanmoins un domestiques, routiers ou sécurité des personnes). Ils sont moins spontanément identifiés sur des enjeux pourtant centraux, comme la préparation à la retraite, l’épargne, le pouvoir d’achat ou les transitions environnementales, alors même que les offres existent et se développent (assurance-vie, épargne-retraite, prévention, etc.).
Mais pour réussir à rassurer réellement les Français sur leur avenir, aucune action isolée ne pourra suffire. Ni l’État, confronté à des contraintes budgétaires et structurelles, ni les acteurs privés, dont la légitimité repose sur l’intérêt collectif, ne pourront répondre seuls à l’ampleur des défis. Le Baromètre de l’Observatoire de la Protection Aéma Groupe 2026 met ainsi en lumière une attente forte : celle capital de confiance élevé (64 %), supérieur à celui des assureurs traditionnels et des banques-assureurs. « Les termes qui reviennent lorsqu’on interroge les Français sur ce modèle sont évocateurs : non-lucrativité, intérêt collectif, écoute et proximité, poursuit Rémi Cerdan. Ces valeurs ne sont pas seulement des concepts abstraits, elles répondent aux défis contemporains tels que l’urgence climatique, l’injustice sociale et les attentes d’une économie plus responsable. »
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Pour autant, les attentes à l’égard des assureurs restent encore largement centrées sur la couverture des risques du quotidien (risques d’actions conjointes, associant puissance publique, collectivités territoriales, organisations de la société civile (associations) et acteurs mutualistes. « La transformation de nos modèles de protection repose sur une confiance affirmée en nos capacités collectives à nous mobiliser, sur l’engagement des institutions et des acteurs impliqués, et sur la conviction que chacun peut, à la place qui est la sienne, contribuer à bâtir un futur plus résilient, analyse Rémi Cerdan. C’est avec cette confiance et cette mobilisation collective que nous pourrons faire de la prévention non seulement une priorité nationale, mais aussi un levier de progrès et de solidarité pour tous. »