La Région Hauts-de-France organisait ce mercredi son « Investor Day ». Coca-Cola, Unilever, AstraZeneca, Emerson, FertigHy... derrière cette dynamique, la réalité des fermetures récentes dans la région rappelle que l’attractivité ne garantit ni pérennité, ni réindustrialisation.
Il a été présenté comme un « rendez-vous des investisseurs » : la 5e édition de Investor Day avait pour ambition de raconter les réussites régionales : sites industriels modernisés, pôles d’excellence renforcés, chaînes de valeur structurées, formation des talents… En un mot : faire valoir les quelque 2.000 discrètes entreprises étrangères implantées dans les Hauts-de-France, représentant 170.000 emplois directs, dont 38 % de l’emploi industriel régional.
Pourtant, ce même trimestre aura vu une vague de fermetures industrielles : Sonoco à Laon, Société Française de Galvanoplastie à Bernaville, Exide Technologies à Lille, Meccano et Synthexim à Calais, Tioxide à Wattrelos....
Des groupes mondiaux en vitrine
Malgré ce contexte, les témoignages ont mis en lumière des ancrages industriels solides, à rebours d’une logique de délocalisation. Comme celui de Sophie Jayet, directrice de la communication et des relations extérieures, membre du board Unilever France :
« Nous avons rapatrié des productions depuis l’Europe de l’Est et investi 34 millions d’euros à Compiègne pour en faire un pôle d’excellence européen. Grâce à l’IA et à la montée en compétences locales, ce site devient aujourd'hui stratégique pour tout le groupe. » Compiègne produit notamment 285 millions de tubes de dentifrice Signal par an.
Même son de cloche du côté de Socx, près de Dunkerque, où Coca-Cola Europacific Partners continue d’investir massivement « En 36 ans, le site est passé de 3 à 8 lignes. Aujourd’hui, on y produit un tiers des volumes Coca-Cola en France. On a annoncé 68 millions d’euros d’investissement supplémentaires, dont une part dédiée à la décarbonation », commente son PDG François Gay-Bellile, le PDG.
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À Dunkerque, AstraZeneca possède un site unique au monde pour la production d’aérosols respiratoires. « 99 % de notre production part à l’export. Nous avons doublé nos capacités en dix ans. Mais pour continuer à investir ici, nous avons besoin d’un environnement compétitif : énergie, talents, visibilité. La fiscalité française reste un point de vigilance », prévient Sarah Dayre, vice-présidente EMEA Supply.