Deux fabricants historiques de charentaises font le même pari : ouvrir des boutiques de proximité pour tester les collections avant d'investir de nouveaux marchés à l'export. Désormais plus haut de gamme que populaire, le chausson français se bat pour perdurer.
Dès le soir de Noël, entre une console de jeu et un roman graphique, les charentaises garniront les pieds des sapins. Le petit nuage de feutre est toujours un cadeau incontournable, avec ses motifs déclinables à l'infini et son confort duveteux qui se marie merveilleusement bien avec un plaid doublé d'un chocolat chaud. N'en déplaise aux fans de claquettes-chaussettes.
Loin de cette ambiance pantouflarde, l'engouement se mesure dans l'atelier du fabricant Rondinaud en Charente, où les seize salariés sont restés à pied d’œuvre jusqu'au 23 décembre. Dans 100m², l'équipe fabrique les écrins de laine de mouton en six étapes, à l'aide de machines comme on n'en fait plus. Quand une pièce déraille, il faut en fabriquer une sur mesure. Quand il s'agit de coudre la semelle sur l'enveloppe, il n'y a qu'une poignée de salariés capables de le faire.
« Il faut plusieurs années pour acquérir cegeste », assure l'un d'eux à l'étape du montage.
En cette fin d'année, il a fallu fournir aussi bien pour la vente en ligne que pour les 500 chausseurs de centre-ville qui exposent la marque en vitrine. « Avec le contexte économique, on sent quand même que la consommation est ralentie », note Olivier Rondinaud, le dirigeant de la petite manufacture nichée à La Rochefoucauld.
Dans l'atelier de Rondinaud, toutes les coutures sont réalisées à la main. (Crédits : Maxime Giraudeau / La Tribune)