A Besançon, la biotech Oragen Therapeutics développe une technologie inédite d’ARN thérapeutique administré par voie orale. Un pari scientifique et industriel que la SATT Sayens, la société d’accélération du transfert, a décidé de soutenir en entrant à son capital.La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, regroupées sous le terme de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), constituent l’un des grands défis thérapeutiques non résolus à l’échelle mondiale. Environ 10 millions de patients sont concernés dans le monde, dont plus de 300 000 en France, avec une incidence croissante, selon l’OMS.
Malgré un arsenal thérapeutique déjà fourni - biothérapies, immunosuppresseurs, anticorps monoclonaux - une large majorité de patients ne répond pas durablement aux traitements ou subit des effets indésirables lourds. Résultat : le marché mondial des MICI dépasse désormais 30 milliards de dollars par an, dominé par des acteurs comme AbbVie, Johnson & Johnson, Pfizer, Takeda ou Sanofi.
C’est sur ce terrain très concurrentiel qu’Oragen Therapeutics entend introduire une rupture. Née à Besançon en 2025, la start-up développe une technologie brevetée d’administration orale d’acides nucléiques, issue de plus de cinq années de recherche au sein de l’unité RIGHT, en collaboration avec le CHU de Besançon. « Les ARN thérapeutiques sont aujourd’hui limités par leurs vecteurs, qui les orientent quasi exclusivement vers le foie. Nous avons développé une technologie capable de protéger l’ARN dans le tractus digestif et de le libérer de façon ciblée au niveau des tissus intestinaux inflammés », explique Henri Pierre, PDG et cofondateur d’Oragen Therapeutics. Une approche qui pourrait permettre des traitements plus efficaces, mieux tolérés et plus compatibles avec le quotidien des patients que les injections systémiques actuelles.
Une technologie stratégique
La promesse scientifique a convaincu la SATT Sayens d’aller au-delà d’un schéma classique de transfert de technologie. Après la protection internationale des brevets et des résultats précliniques jugés très prometteurs, la société d’accélération du transfert a signé un contrat de licence exclusive avec Oragen Therapeutics et décidé d’entrer à son capital.