Moins gourmande que le maïs en pesticides et en eau, l’arachide commence à creuser son sillon en France. En Charente-Maritime, la coopérative Océalia cherche même à y développer toute une filière cacahuètes.
À Clessé, dans les Deux-Sèvres, Franck Touraine s’est lancé cette année. Il vient d’effectuer sa première récolte de cacahuètes qu’il doit livrer dans les jours qui viennent à la coopérative Océalia dont il est adhérent. Fin mai dernier, il a semé quatre hectares d’arachide sur les 170 que compte son exploitation.
« Il y a un moment que je cherchais de nouvelles cultures, explique le céréalier, car le blé et le maïs sont devenus moins rentables. La cacahuète m’a tout de suite intéressé, ne serait-ce que parce que cette culture consomme beaucoup moins d’eau que le maïs. » L’agriculteur reconnaît qu’il y a des pistes d’amélioration, comme avancer d’un mois la date des semis pour récolter plus tôt dans l’année.
Une culture complémentaire
Ces légumineuses sont destinées exclusivement à la consommation humaine, torréfiées ou sous forme de beurre de cacahuètes. Et qu’importe si avec un rendement annoncé de deux tonnes à l’hectare, on est bien loin des 8 à 10 tonnes à l'hectare produites par le maïs. « La cacahuète ne sera sans doute jamais une ressource principale mais peut apporter un revenu supplémentaire et permet de tourner au niveau des cultures sur les parcelles », salue Franck Touraine.
Cela fait quatre ans que la coopérative Océalia, forte de ses 6 000 adhérents en Limousin, Poitou-Charentes et nord Dordogne, s’est lancée depuis son siège de Cognac, en Charente, dans des essais de culture de cacahuètes. Elle a effectué cette année sa première récolte, environ 2 000 tonnes d’arachide ramassées sur une dizaine d’hectares. Si la coopérative s’est naturellement dirigée vers l’arachide, c’est parce qu’elle a racheté il y a cinq ans la société Menguy’s, l’un des leaders des graines apéritives en France.
Un modèle économique à éprouver
« Le but était à la fois de fournir un produit made in France et d’apporter une nouvelle culture avec une valeur ajoutée pour nos adhérents », argumente Mickaël Bertrand, coordinateur de la filière pop-corn et cacahuète chez Océalia. « Il a d’abord fallu s’assurer que la typologie des sols de la région convenait à cette culture, ajoute-t-il. Il faut des terres plutôt filtrantes, légères et si possible peu argileuses. L’un des avantages de la cacahuète est qu’elle nécessite très peu de produits phytosanitaires puisqu’elle autorise le désherbage mécanique. »
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