Alors que la France renforce ses capacités souveraines dans la défense et le nucléaire, CMPhy, PME basée à Chalon-sur-Saône, spécialisée dans l’électromagnétisme, un marché de niche, annonce l’investissement de 1,5 million d’euros pour répondre à la demande croissante des Armées.Le gouvernement a réaffirmé ces derniers mois l’objectif de relocaliser et de renforcer les capacités critiques, des programmes à fort contenu technologique et à forte intensité en R&D. C’est dans ce cadre que CMPhy annonce son expansion : un bâtiment neuf de 1 500 mètres carrés situé dans la zone « clé en main » baptisée SaôneOr à Chalon-sur-Saône (71).
Ce projet d’investissement de 1,5 million d’euros est destiné à accompagner la demande croissante du secteur de la défense. « Depuis quelques années, on est passé de 20% à 50% de notre chiffre d’affaires consacré à l’armement », confie Arnaud Pelletier, directeur de CMPhy. Le nucléaire représente 25% de l’activité, le reste vise les secteurs ferroviaires pour le contrôle des pièces de TGV ou encore la sidérurgie.
Des applications critiques dans le nucléaire et la défense
CMPhy conçoit et fabrique des équipements d'analyses et de contrôles non destructifs CND. Pour rappel, le CND est une façon de vérifier l’état d’un objet ou d’une pièce sans l’endommager, la casser ou la démonter. Les opérateurs utilisent des méthodes comme des capteurs, des rayons X, des ultrasons, ou des caméras pour « voir » l’intérieur ou mesurer des propriétés sans toucher ou casser la pièce. Cela permet de détecter des fissures, des déformations, de l’usure ou des défauts. Ce qui évite des pannes coûteuses ou dangereuses.
La PME chalonnaise est ainsi positionnée sur une activité de niche qui trouve des applications critiques dans les programmes militaires et les projets nucléaires. Ses clients sont des acteurs du secteur de la défense et des opérateurs énergétiques tels qu’EDF, Framatome, la Direction générale de l’armement, MBDA ou encore Roxel qui fabrique notamment des moteurs de missiles. L'une des applications majeures du CND est l'utilisation de la technologie ultrasonore. Celle-ci est cruciale pour la DGA par exemple, car elle permet d'analyser le comportement interne des propulseurs de manière non intrusive, une capacité essentielle pour la conception, la recherche et le suivi du vieillissement des armes. Comme l'explique François Colmar, référent en nouvelles techniques de mesure au sein de la cellule d'innovation de la DGA : « Ces capteurs à l'extérieur permettent de regarder le fonctionnement interne du propulseur. » Cette méthode a été appliquée avec succès sur des programmes capitaux comme les boosters d'accélération d'Ariane 5 et Ariane 6.