Lunettes reconditionnées : la filière veut se faire une place sur le marché de l'optique
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Lunettes de Zac, lors du contrôle qualité.
Thomas Deron
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Lunettes de Zac, lors du contrôle qualité.
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Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d'achat, l'accès aux équipements de santé reste un enjeu majeur. Si le 100 % Santé a réduit le reste à charge de certains patients, de nombreux ménages continuent d'arbitrer leurs dépenses optiques. C'est dans ce contexte que la filière des lunettes reconditionnées entend se développer.
Réunis fin mai à Paris à l'initiative de Lunettes de Zac, opticiens, mutuelles, parlementaires et professionnels de santé ont affiché une ambition commune : faire du réemploi des montures un levier d'accessibilité autant qu'un outil de transition écologique. Le cadre réglementaire a récemment évolué avec le décret du 17 mars 2025 relatif à la remise en bon état d'usage de certains dispositifs médicaux et les arrêtés publiés début 2026. « Nous avons aujourd'hui une fenêtre historique pour faire émerger une véritable filière française de l'optique reconditionnée. Les consommateurs, les opticiens, les mutuelles, tout le monde est prêt. Maintenant, il faut transformer l'essai collectivement », estime Ophélie Vanbremeersch, fondatrice de Lunettes de Zac. Son entreprise, basée à Lille, ambitionne de remettre 18 000 montures sur le marché cette année.
Le principal argument reste le prix. « Sur une Ray-Ban, une Dior ou une Chanel, les remises peuvent atteindre 60 à 70 % par rapport au prix d'origine », souligne Éric Plat, PDG d'Atol. Mais pour convaincre les professionnels, il fallait aussi bâtir un modèle économique viable. « Les opticiens ont autant intérêt à vendre une lunette reconditionnée qu'une lunette neuve », affirme-t-il. Les marges ont été conçues pour rester comparables à celles du neuf. « L'écologie ne peut pas être punitive. On n'arrivera pas à embarquer les commerçants et les industriels s'ils n'y trouvent pas aussi un intérêt économique », ajoute le dirigeant.
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L'enseigne mutualiste Écouter Voir prépare également une montée en puissance du dispositif. Après une première expérimentation, elle prévoit de proposer dès cette année des montures qui seront reconditionnées directement dans ses propres magasins à partir de 35 euros. « À ce niveau de prix, l'accessibilité devient réelle. Si l'on veut que le reconditionné trouve son marché, il faut démontrer un niveau d'accessibilité extrêmement fort », explique Arthur Havis, directeur général de l'enseigne.
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