Alors que Carbios tente de passer à l’échelle industrielle sa technologie de biorecyclage des plastiques, des tensions éclatent au grand jour entre des actionnaires minoritaires et l’actuelle direction du groupe. La stratégie industrielle et les craintes de fuite de la technologie à l’étranger sont au cœur de cette discorde, qui prend une tournure judiciaire.Le passage à l’échelle industrielle de Carbios a été décalé à plusieurs reprises. En décembre dernier, la biotech française reportait une nouvelle fois la construction de son usine de Longlaville, en Meurthe-et-Moselle. Ce site doit déployer à grande échelle sa technologie de biorecyclage des plastiques en PET (polyéthylène téréphtalate). L’entreprise, dont le siège social se situe à Clermont-Ferrand, cherchait encore à sécuriser son financement. Elle table désormais sur une mise en service au premier semestre 2028, contre 2025 dans le plan initial.
Ce nouveau décalage signifie que la phase industrielle aura lieu en Chine un an avant qu’elle ne se concrétise en France. L’entreprise de chimie verte a signé un accord avec le chinois Wankai, filiale du groupe Zhink, pour déployer la technologie en Asie. Une usine sera construite à Haining (province du Zhejiang) et devrait être opérationnelle au premier trimestre de l’année prochaine. Ce partenariat passe par un contrat de licence octroyé par Carbios à la société commune constituée des deux entreprises.
Souveraineté industrielle : l’inquiétude des actionnaires
Cette démarche suscite l’inquiétude d’une partie des actionnaires minoritaires. Certains sont regroupés au sein de l’Association de défense de l’intérêt social des entreprises cotées de la tech (Adisect). Ils indiquent, dans un communiqué, « craindre que ce rapprochement conduise à une destruction pure et simple de la propriété industrielle de Carbios au profit du « partenaire » chinois et n’ouvre la voie à la fin radicale du projet industriel français de Carbios, notamment à l’arrêt de la construction de l’usine de Longlaville (Meurthe-et-Moselle) de Carbios, contrairement aux déclarations des dirigeants ».