Selon une nouvelle étude d'Asterès pour le Cigref, l'explosion des tarifs du cloud et des logiciels, conséquence de la dépendance à la tech américaine, pourrait coûter chaque année 140 milliards d'euros aux organisations européennes. Les DSI dénoncent des hausses de prix qu'ils jugent largement déconnectées des gains réels apportés par l'intelligence artificielle.Après la dépendance technologique, l'étau économique. Un an après avoir chiffré à 264 milliards d'euros par an l'argent européen qui atterrit dans la poche des géants américains de la tech grâce aux achats de logiciels et de services cloud, le Cigref, qui réunit les grandes entreprises utilisatrices de technologies, publie une nouvelle étude qui s'attaque cette fois au coût des hausses tarifaires imposées par ces fournisseurs. Et les conclusions sont tout aussi spectaculaires.
Réalisée par le cabinet Asterès à partir d'une enquête menée auprès de 54 directeurs du numérique européens, l'étude estime que l'inflation des prix du cloud et des logiciels pourrait représenter 140 milliards d'euros de surcoûts par an en moyenne entre 2026 et 2030, à volume de dépenses constant. Et une grande part de cette enveloppe, 93 milliards, bénéficierait directement aux géants américains du secteur tels que Microsoft, Amazon, Google, Oracle, VMWare et autres.
Une facture « insoutenable » qui dépasse le budget annuel de l'Union européenne
Ces hausses tarifaires apparaissent comme la conséquence directe de la dépendance technologique de l'Europe à la tech américaine. Un constat également dressé par le tout récent rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les dépendances numériques. Au terme de six mois d'auditions, les députés ont décrit les géants américains du cloud comme des gestionnaires d'infrastructures devenues essentielles au fonctionnement de l'économie française, créant une « vulnérabilité stratégique » dans le contexte géopolitique mondial.