Le projet de Rivolier/Fiocchi devait se matérialiser par une usine à Bourges, sur le site de Thifan industrie, fabricant de munition pour la chasse repris par Rivolier au printemps dernier
La DGA a confié la relance de la filière française de fabrication de munitions de petit calibre au groupement piloté par le Belge FN Herstal. Mais celui qui a été classé numéro 2, le groupe stéphanois Rivolier, dit garder espoir et pointe un choix qui aurait pu et dû être beaucoup plus souverain. Son dirigeant n’a d’ailleurs pas hésité à prendre la plume pour le faire savoir à Emmanuel Macron.
Depuis 30 ans, la France ne fabriquait plus sur son territoire de munitions de petit calibre et était donc totalement dépendante de fournisseurs étrangers. Pour y remédier, après dix ans d’atermoiements politiques divers, la DGA a lancé l’année dernière une compétition européenne autour de la relocalisation d’une filière française.
Compétition qui vient de trouver son aboutissement : la Direction générale de l’Armement (DGA) a annoncé la semaine dernière avoir attribué le marché au groupement piloté par le belge FN Herstal – l’un des plus grands fabricants européens d’armes légères et de munitions –, associé à ses filiales françaises (acquises l’année dernière), Nobel Sport et Cheddite.
Le marché concerne la production annuelle de 75 millions de munitions à balle ordinaire et à balle traçante de 5,56 x 45 mm pour les fusils d’assaut et de 7,62 x 51 mm pour les mitrailleuses et fusils de précision.
Selon la DGA, cette relocalisation doit permettre de « couvrir de façon pérenne à la fois le besoin d’entraînement et la capacité à soutenir un conflit à haute intensité ». Elle se concrétisera à Clérieux dans la Drôme, sur le site de Cheddite, fabricant d’amorces et de douilles pour les cartouches de chasse et de ball-trap, et devrait générer la création de 20 emplois.
La DGA précise que « les activités industrielles réalisées sur le territoire national seront dans un premier temps: le chargement en poudre, l’assemblage des composants des munitions (amorces, étuis, projectile) et le conditionnement des munitions. (…). Par la suite, la production nationale pourra être élargie à certains sous-composants (poudre et amorces en particulier) ». Et de préciser qu’à des fins de résilience, des sources d’approvisionnement européennes sur l’intégralité de la chaîne de sous-traitance seront qualifiées.
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