Le spin-off du CNRS, Diamfab, créée en 2019 par deux docteurs en nanoélectronique, venait d’inaugurer sa première ligne pilote de production de diamants synthétiques pour l’industrie en Isère. Elle dévoile désormais de nouveaux partenariats qui pourraient lui ouvrir un axe de diversification : les batteries nucléaires qui pourraient servir elles-mêmes à la conquête de l’espace.Créée en 2019 par Gauthier Chicot et Khaled Driche, deux docteurs en nanoélectronique, Diamfab touche au but industriel. S’appuyant sur 30 années de recherche, ce spin-off de l’Institut Néel-CNRS a inauguré mi-janvier sa première ligne pilote de fabrication de diamants synthétiques à Fontaine, près de Grenoble (Isère). En utilisant le diamant comme semi-conducteur alternatif au silicium, Diamfab vise plusieurs applications électroniques : l’électronique de puissance ou la gestion électrique pour les réseaux et la mobilité décarbonée.
Ce nouveau site, qui représente un investissement de 4 millions d’euros, comprend 150 m² de salle blanche – une surface qui doublera d’ici à 2028. L’objectif est de produire « plusieurs dizaines de milliers de plaques de diamant semi-conducteur de quatre pouces par an ». Selon la société, il s’agit d’un « un volume inédit à ce stade » sur le continent européen.
« C’est le premier site industriel consacré exclusivement aux diamants semi-conducteurs. Des acteurs de la joaillerie tentent de se reconvertir vers le diamant technologique, mais sans nos infrastructures ni nos volumes », explique Bastien Vivenot, directeur de cabinet (chief of staff) de Diamfab. Pour l’heure, ses principaux concurrents sont asiatiques ou européens.
Une ressource souveraine et biosourcée
En produisant un diamant synthétique à partir de méthane et d’hydrogène, la société iséroise défend une ressource « sans enjeux géopolitiques et qui peut être biosourcée ».
Elle commercialisera ses premiers produits dès 2027 sur des marchés de niche liés à la santé. Elle visera ensuite le spatial et le nucléaire, puis, en 2030, la gestion de l’énergie électrique.
« Cette première base industrielle nous permet de poursuivre nos recherches en conditions réelles. Nous allons produire des centaines de plaques et distribuer des prototypes à nos partenaires », précise Gauthier Chicot, PDG de Diamfab.