Organe sur puce : un consortium se lance sur un modèle de peau 3D pour tester la sensibilisation cutanée
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Exemple de peau innervée sur puce microfluidique de Netri.
Netri
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Exemple de peau innervée sur puce microfluidique de Netri.
Netri
1,3 million d’animaux pour un peu plus de deux millions de tests, ont été utilisés dans les procédures expérimentales en 2024 en France, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. C’est un peu moins qu’en 2023. Ces utilisations recouvrent des besoins divers : la recherche fondamentale pour 30 % d’entre elles, la maintenance de colonies d’animaux génétiquement modifiés pour sensiblement la même proportion, la mise au point et les essais de qualité-innocuité pour les domaines des médicaments et des dispositifs médicaux, ou de la nutrition pour près de 20% de ces utilisations.
C’est notamment à cet enjeu de bien-être animal que veut répondre le projet « Envol » (pour Epidermis Neurone Vascularization on Digital Librairy) visant au développement d’ici quatre ans d’un modèle de peau, innervé et immunocompétent. Ce modèle qui sera intégré sur une puce microfluidique se veut une alternative aux tests de sensibilisation cutanée des composés cosmétiques-pharmaceutiques et aux tests de biocompatibilité des dispositifs médicaux, en particulier ceux réalisés actuellement sur des animaux.
Soutenu par le volet régionalisé du plan France 2030, le projet est porté par trois acteurs implantés en région Auvergne Rhône-Alpes : le groupe auvergnat Icare (180 salariés, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé dans les tests de sécurité et de conformité des dispositifs et produits de santé, le Ligérien MGA Medtech, fabricant d’équipements innovants pour l’industrie de la santé, et le Laboratoire de Biologie Tissulaire et Ingénierie thérapeutique (LBTI), une unité de recherche mixte du CNRS et de l’Université Lyon 1 Claude Bernard.
« Actuellement, beaucoup de travaux académiques et industriels sont menés sur différents modèles de peau. En revanche, à notre connaissance, Il n’existe pas d’équivalent sur le marché, validé par les autorités, permettant de répondre à l’ensemble des aspects d’un test de sensibilisation cutanée pour les domaines des dispositifs médicaux et produits chimiques », assure Edith Filaire, directrice recherche innovation du groupe Icare.