« La Russie produit environ 300 nouveaux chars par an, qui ne sont pas utilisés sur le front ukrainien »: pourquoi les pays baltes craignent un mauvais coup de Moscou
Des soldats d'infanterie des forces armées nationales lettones, appuyés par des véhicules blindés lettons CVRT Scimitar, participent à un exercice de l'OTAN.
Le risque d’attaques hybrides plane dangereusement sur les trois pays frontaliers de la Russie et de son vassal, la Biélorussie. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie pourraient être en première ligne si Moscou ouvre un second front.
Quitte ou double à Moscou ? Alors que les troupes russes s’enlisent sur le front ukrainien depuis plusieurs mois, voilà que le Kremlin pourrait franchir un nouveau cap : s’en prendre au flanc oriental de l’Otan, à commencer par les pays baltes ou même la Pologne. Selon certains renseignements occidentaux, de Washington à Varsovie, le pouvoir russe envisage de mener une « provocation armée », et ce, possiblement dans les mois à venir.
Cette option, bien que risquée, répondrait à un double objectif : mettre à l’épreuve la solidité de l’alliance atlantique, déjà très bousculée par l’erratique Donald Trump, et enrayer le soutien militaire et financier à l’Ukraine.
Pour certains, l’ouverture d’un second front, à renfort de tanks et de fantassins, paraît encore peu plausible. « Il ne faut probablement pas s’attendre à des menaces conventionnelles », a affirmé récemment l’ambassadeur de Lituanie auprès de l’Otan, Darius Jauniskis.
Et pour cause, « la Russie, dont l’économie est sous pression croissante, ne dispose pas des capacités nécessaires laissant penser à une opération prochaine [de grande ampleur] contre un pays de l’Otan », abonde Linas Kojala, directeur du Centre d’études géopolitiques et de sécurité, un think tank installé à Vilnius. Ce sont en revanche les menaces dites « hybrides », « beaucoup plus complexes à appréhender », qui sont redoutées.
Différents scénarios évoqués
Hormis Vladimir Poutine, nul ne peut préciser la forme qu’elles pourraient prendre. Différents scénarios sont évoqués : un essaim de drones kamikazes, une frappe de missiles, des sabotages… « Selon les échos dont je dispose, l’inquiétude est réelle [au sein des autorités], et se concentre autour des infrastructures critiques », souligne Giedrius Cesnakas, professeur à l’Académie militaire générale Jonas Zemaitis de Lituanie.
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