Haro sur le système de collecte et de recyclage des déchets de chantiers. Les entreprises du bâtiment dénoncent des éco-contributions qui explosent et un service de moins en moins efficace, voire inexistant. Une refonte de la filière est attendue.
L’exaspération est palpable… Dans le Puy-de-Dôme, comme partout en France, l’éco-organisme Valobat a suspendu depuis cet été la reprise sans frais des déchets sur les chantiers de démolition… L’entreprise « piétine ses engagements contractuels », ont dénoncé d’une seule voix les fédérations locales du bâtiment lors d’une conférence de presse ce mardi.
Des engagements pris dans le cadre de la REP Bâtiment (responsabilité élargie du producteur), entrée en vigueur en 2023. Conçu sur le principe du pollueur-payeur avec une écocontribution sur chaque produit mis en marché, le système doit financer la gestion des 46 millions de tonnes de déchets produits par le secteur. En clair, il offre une reprise gratuite des déchets de construction en contrepartie d’une taxe sur les produits et matériaux neufs.
Mais la filière (et les quatre éco-organismes agréés) n’a pas trouvé son modèle économique et ne peut plus assurer ses missions. Une refonte de la REP Bâtiment doit donc intervenir prochainement. Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefevre, a d'ailleurs réuni les acteurs du dossier cette semaine. Il plaide pour un « dispositif moins cher, plus crédible, plus prévisible et plus lisible pour les entreprises ».
En attendant, les dysfonctionnements s'accumulent, selon les professionnels du secteur, et la qualité de service en pâtit. Dans un courrier adressé aux entreprises début juillet, Valobat avait expliqué l'arrêt du service du fait d'un « contexte marqué par une forte augmentation des volumes de déchets collectés et des tensions sur certaines filières de traitement », précisant que les points de collecte restaient eux ouverts. « Valobat se démet de ses obligations, ce qui est complètement illégal », s’agace Nicolas Bagel, président de la CAPEB 63.
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« Pour évacuer nos déchets, nous devons donc payer des prestataires, comme nous le faisions avant la mise en place de cette REP. C’est donc la double peine puisque nous payons en plus l’écocontribution », poursuit ce professionnel.