Le gouvernement chinois vient d’annoncer geler son projet d’accélérateur géant de particules pour se concentrer sur un collisionneur de dimension plus modeste. Une décision de bonne augure pour le projet concurrent européen du CERN dont l’avenir était étroitement lié à celui de son homologue asiatique.Depuis plus d’une décennie, deux projets de collisionneurs de particules se font concurrence : celui du CERN, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire qui regroupe 25 pays dont la France, et celui de l’Empire du milieu, le CEPC (Chinese electron positron collider), dont l’objectif est d’améliorer la connaissance en physique fondamentale et les lois de l’Univers.
Si les deux projets, de même ampleur (autour des 100km de circonférence) portaient des buts similaires, quelques différences les séparent néanmoins, rappelait en avril 2024, Fabiola Gianotti, directrice générale de l'établissement à La Tribune. « La grande différence entre l'étude FCC et le projet chinois, c'est que la première est accueillie ici au CERN, dans le cadre d'une collaboration internationale. [...] Il est écrit que toute recherche et tout résultat de développement est prévu exclusivement pour une utilisation pacifique. L'étude réalisée en Chine porte pour sa part sur un projet national, qui vise plutôt à inviter, peut-être, les scientifiques à utiliser cet instrument en Chine. »
Le projet chinois se voulait également moins coûteux que celui de son homologue européen. A l’époque, la communauté internationale ne s’était positionnée pour aucun des deux projets.
Mais une nouvelle pourrait venir bouleverser cette compétition puisque les autorités chinoises viennent d'acter la suspension de leur projet national, a récemment rapporté Fabiola Gianotti à un petit groupe de journalistes dont l’AFP.
Une « opportunité » pour la France
« L'Académie chinoise des Sciences, qui filtre les projets, a décidé de donner le feu vert à un collisionneur plus petit, de basse énergie, plutôt qu'au collisionneur plus grand, le CEPC, qui est en compétition directe avec le Cern », précise la directrice générale du CERN .
En Chine, Wang Yifang, le directeur de l'Institut de physique des hautes énergies de l'Académie chinoise des Sciences, a confirmé à l'AFP que le CEPC n'était pas inclus dans le prochain plan quinquennal. Mais le projet devrait être soumis pour examen en 2030, « à moins que le FCC ne soit officiellement approuvé avant cette date, auquel cas nous chercherons à rejoindre le FCC et abandonnerons le CEPC ».